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jeudi 30 juin 2011

GUYSEN-TV : LA TUNISIE ET L'EGYPTE A LA RECHERCHE DE LEUR AVENIR




GUYSEN-TV : LA TUNISIE ET L'EGYPTE A LA RECHERCHE DE LEUR AVENIR 


En illustration du débat de Guysen, voir la vidéo montrant l'attaque d'un cinéma en Tunisie par des islamistes salafistes.

Un débat entre :

Zvi MAZEL, ancien Ambassadeur israélien en Egypte 

et

Jacques BENILLOUCHE, journaliste

au micro de Myriam DANAN

Vidéo Partie/1
Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo
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Vidéo Partie/2
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En illustration de ce débat, voir la vidéo montrant l'attaque d'un cinéma en Tunisie par des islamistes salafistes.
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mercredi 29 juin 2011

ISRAEL NE PLEURERA PAS LA DISPARITION D’HUGO CHAVEZ




ISRAEL NE PLEURERA PAS LA DISPARITION D’HUGO CHAVEZ

Par Jacques BENILLOUCHE

            Selon des sources américaines à Miami, le président vénézuélien Hugo Chavez, opéré à Cuba le 10 juin dernier, se trouve dans « un état critique, mais stable ». Il ne semble pas être à l’article de la mort mais il est fort improbable qu’il puisse continuer à gouverner. Il était à la tête d’un pays, regorgeant de pétrole, qui a souffert du trop-plein de richesse. Au lieu de favoriser la naissance d’un modèle de démocratie et de privilégier le développement social, il a préféré choisir la voie de la dictature pour faire partie des privilégiés de l’OPEP.
           
Rapprochement arabe

            La malédiction de la profusion des ressources naturelles a touché le Venezuela qui était pourtant un modèle de stabilité. Hugo Chavez décida, dès son arrivée au pouvoir, de bouder le clan des pays démocratiques pour rejoindre celui des dictateurs. Les bases sociales du pays s’opposaient pourtant à l’instauration d’une dictature mais il s’appuya sur les reculs sociaux pour museler l’opposition et affaiblir les partis. Il grignota progressivement les espaces de liberté jusqu’à interdire les plus grands médias de son pays.
            Mais, rejoignant les pays arabes producteurs de pétrole, il radicalisa son opposition à Israël dans une attitude qui n’entrait pas dans la tradition du pays. Il pensait que le passeport pour entrer dans le cercle fermé de l’OPEP passait par le déni d’existence de l’Etat Juif. Et au comble du raisonnement, le Venezuela se chercha une nouvelle identité pour faire faire partie de la Ligue Arabe . Il accepta dans un premier temps un strapontin d’observateur, en attendant de trouver des ancêtres « bien-pensants » qui lui donneraient son certificat d’arabité.
            La volonté d’appartenance au monde arabe pourrait à elle seule expliquer l’insistance de Hugo Chavez à contrer Israël jusqu’à ne plus contrôler ses relents antisémites . Il pensait ainsi pouvoir obtenir son ticket d’entrée dans le monde fermé de milliardaires, la Ligue arabe créée le 22 mars 1945 par l’Egypte opposée à l’époque aux britanniques qui cherchaient à museler la région.  Il a suscité en 2009 la vague d’antisémitisme, sans précédent, contre la communauté juive qui compte 25.000 personnes. La grande synagogue de Caracas avait été profanée  quelques jours après un appel au boycott des magasins juifs. L’arche sainte et des livres de prières avaient été détériorés tandis que les murs étaient souillés de slogans antisémites. Hugo Chavez avait mollement rejeté la responsabilité de ces actes sur ses opposants politiques.

Axe irano-vénézuélien

            Le président Mahmoud Ahmadinejad, qui avait reçu en grandes pompes son homologue vénézuélien et qui avait accusé les pays occidentaux d’organiser l’isolation diplomatique de l’Iran, avait obtenu le soutien affiché d’Hugo Chavez : « Je dois profiter de l'occasion pour condamner ces menaces militaires dirigées contre l'Iran ». Il avait alors contresigné le message d’Ahmadinejad destiné aux israéliens : « Les ennemis de nos peuples partiront un jour. C'est la promesse de Dieu, et la promesse de Dieu sera tenue ». Ces deux pays, qui ont pour seul point commun d’être membres de l’OPEP, se sont donnés pour objectif de contrer l’hégémonie américaine et la présence israélienne au Proche-Orient. Hugo Chavez avait symbolisé sa visite comme un moyen de prouver que l’Iran maintenait des liens exceptionnels avec plusieurs pays et que la volonté des Etats-Unis de l’isoler s’était transformée en échec.         
Le revirement du président vénézuélien avait, en fait, pour but de masquer ses échecs en Amérique latine. Morales, le bolivien, lui avait damé le pion à gauche, le Pérou et le Mexique l’ignoraient et son initiative bolivarienne avait fait chou-blanc . Alors qu’il rêvait d’enflammer l’Amérique du Sud à l’instar d’un Ché Guevara plus charismatique, il était contraint de chercher ailleurs ses nouveaux alliés dont les noms suffisaient à démontrer la vanité de sa démarche. Il organisa alors une tournée auprès de plusieurs dictateurs : l’Iran d’abord pour  parler de nucléaire avec Ahmadinejad  puis la Biélorussie, la Corée du Nord et enfin la Syrie pour tenter d’obtenir  son certificat de « conversion arabe ».

Manque de volonté internationale

            Les occidentaux ne semblaient pas intéressés à changer le cours des choses car les régimes dictatoriaux sont propices à leurs intérêts fondamentaux. Ils leur ouvrent le droit à une exploitation tranquille des ressources naturelles dans des pays forts, donc stables, qui peuvent s’opposer aux revendications de révolutionnaires cherchant à déloger les « pilleurs de ressources ».
            Le Venezuela, comme les pays pétroliers arabes, ne fait pas bon ménage avec Israël  puisqu’il mêlait sa politique anti-israélienne d’antisémitisme. La raison principale veut qu’Hugo Chavez rejette tout ce qui touche de près ou de loin à la démocratie. Or Israël est le seul point de fixation démocratique dans une région qui ne l’est pas et qui ne cherche pas à l’être malgré les révolutions arabes qui ouvrent des horizons nouveaux. Il faut donc le combattre sinon le détruire.
Pour garantir leurs approvisionnements, les démocraties se montrent très complaisantes à l’égard des dictateurs tenants du pétrole. Elles tardent à pointer du doigt tous ces pays où la liberté a été confisquée, où l’opposition est muselée et où les prisons regorgent de politiques. Hugo Chavez et son ami Ahmadinejad ont vite assimilé ce postulat pour pouvoir se permettre de développer des critiques permanentes à l’encontre des Etats-Unis et d’Israël.
Israël ne verserait aucune larme si Hugo Chavez quittait la scène politique car il ne pourrait pas avoir, à sa place, de pire opposant.    

jeudi 23 juin 2011

SLATE-AFRIQUE : Existe-t-il une identité tunisienne autre qu'islamiste?




SLATE-AFRIQUE : Existe-t-il une identité tunisienne autre qu'islamiste?


par Jacques BENILLOUCHE 

La dictature avait étouffé l'expression du peuple pour mieux le mâter. Sous la menace islamiste, comment les Tunisiens parviendront-ils à se réapproprier leur identité ?



Après la «révolution surprise», la Tunisie est à la recherche de son avenir. Selon l’expression d’un confrère, après trois semaines passées à Tunis et dans le sud, le pays «manque de discours».
La révolution a été trop rapide pour être prévisible. Elle n’a même pas été rêvée tant elle semblait inaccessible, mais elle parait aujourd’hui orpheline. Les régimes de Habib Bourguiba et de Zine el-Abidine Ben Ali ont éradiqué toute velléité d’initiative de la jeune génération pour décourager les ambitions politiques. Même l’armée a été volontairement délaissée au profit des services de sécurité pour empêcher l’éventuelle émergence d’un colonel séditieux.....

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http://www.slateafrique.com/2779/identite-tunisienne-islamiste-benali





SLATE : L'armée, l'élément clé des révolutions arabes



SLATE : L'armée, l'élément clé des révolutions arabes


par Jacques BENILLOUCHE


Les révolutions arabes, qui se sont élevées contre des dictatures issues de coups d’Etat militaires, s'appuient paradoxalement sur l’armée pour renverser les régimes en place et permettre une ouverture démocratique


L'armée syrienne se déploie dans le village d'Arida à la frontière libanaise
Les révolutions arabes se font avec (Tunisie et Egypte) ou contre l'armée (Syrie). L'attitude des militaires, notamment des hauts gradés, leur loyauté vis-à-vis des régimes ou de la population civile, sont déterminantes. Les militaires peuvent assurer la relève des régimes dictatoriaux, être le rempart contre l’arrivée des extrémistes au pouvoir, ou tenter de maintenir par la force les dictateurs en place. De fait, l’armée est dans les pays arabes la seule structure organisée qui n’a pas trop trempé dans les affaires véreuses de l’Etat et dont les dirigeants sont issus d’une élite forgée souvent au contact des écoles militaires étrangères. Pour autant, dans les trois exemples qui suivent, en Tunisie, en Syrie et en Egypte, l'attitude et l'histoire des forces armées sont à chaque fois particulières....

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mardi 21 juin 2011

SLATE-AFRIQUE : Le défi économique de la Tunisie de l'après Ben Ali



SLATE-AFRIQUE : Le défi économique de la Tunisie de l'après Ben Ali


par Jacques BENILLOUCHE

La révolution tunisienne a bouleversé une économie relativement performante mais totalement corrompue. Sans amélioration de la condition du peuple, le pays court à sa perte.
Table de café déserte à Sidi-Bou-Saïd
La révolution tunisienne fait face à un défi économique qu’elle doit surmonter si elle ne veut pas être récupérée par les extrémistes. Les islamistes ont certes laissé entendre, au début, qu’ils n’étaient pas intéressés par le pouvoir mais leur posture s’apparente à la stratégie de l’échec qu’ils souhaitent de leurs vœux car, dans ce cas, ils seront appelés pour assurer l’exclusivité du pouvoir. Ils sont persuadés que les nouveaux dirigeants ne réussiront pas à satisfaire les aspirations d’un peuple qui s’est révolté pour améliorer ses conditions matérielles. La révolution a eu d’ailleurs une origine purement sociale avant de devenir politique....


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http://www.slateafrique.com/2681/defi-economie-tunisie-apres-ben-ali







lundi 20 juin 2011

SLATE : Le chien a-t-il été condamné à la lapidation par des rabbins?




SLATE : Le chien a-t-il été condamné à la lapidation par des rabbins?

Une information publiée dans Yedioth Aharonoth et reprise dans la "revue de presse" de Slate a entraîné des accusations à l'encontre du seul site Slate et de ses "journaleux". Une mise au point s'imposait donc.

Le 16 juin, le site israélien Ynet rapportait qu'un tribunal rabbinique de Jérusalem avait condamné un chien errant à la mort par lapidation. Selon ce média, les juges soupçonnaient le chien d’être la réincarnation d’un célèbre avocat laïque qui les avait insultés 20 ans auparavant. Mais l'histoire est peut-être un peu plus complexe, voire fausse!

Première version: le chien condamné

Selon le site Behadrei Hadarim cité par Ynet, le chien avait pénétré dans le tribunal rabbinique en charge des litiges économiques du quartier ultra-orthodoxe de Méa Shearim, effrayant les visiteurs du tribunal et refusant de partir malgré les efforts de ces derniers.
Un des juges se serait alors rappelé qu’un célèbre avocat laïque qui avait insulté le tribunal il y a 20 ans avait été maudit par les juges, qui avaient fait le vœu de voir son esprit se réincarner dans celui d’un chien, considéré comme un animal impur dans le judaïsme traditionnel souligne BBC News. L’avocat en question est mort il y a quelques années. L’AFP souligne que certaines écoles de pensée judaïquescroient en la transmigration de l’âme.
L’un des juges, qui n’a toujours pas digéré l’offense, aurait donc condamné l’animal à la mort par lapidation, et recruté des enfants du quartier pour exécuter la peine. Mais le chien a finalement réussi à s’échapper.
Ynet soulignait qu'un membre du conseil municipal de Jérusalem avait envoyé une lettre au ministre de la Justice pour qu’il «s’occupe des criminels». L’organisation de défense des animaux Let Animals Live a déposé une plainte à la police contre le rabbin Levin. Peta, une organisation similaire américaine, a déclaré dans un communiqué cité par l’agence de presse israélienne Ma’an:
«En condamnant un animal innocent à une mort douloureuse pour une raison aussi absurde, le tribunal rabbinique s’est non seulement complètement décrédibilisé, mais a également violé un des principes les plus importants du judaïsme qui interdit d’infliger une souffrance à quelque créature vivante que ce soit.»

Deuxième version: pas de condamnation, mais des enfants encouragés

Le responsable du tribunal, le rabbin Avraham Dov Levin, a démenti avoir appelé à la lapidation du chien, mais un membre du tribunal a confirmé l’information à Ynet:
«Elle a été ordonnée par les rabbins à cause du tort qu’il avait causé au tribunal. Ils n’ont pas rendu de décision officielle, mais ont donné l’ordre aux enfants du quartier de lui jeter des pierres pour le faire partir. Ils n’ont pas considéré cela comme un acte de cruauté envers l’animal, mais plutôt comme un moyen approprié de “se venger” de l’esprit qui avait pénétré le pauvre chien.»

Troisième version: une histoire totalement déformée

Mais d'après plusieurs blogs, le journal israélien Maariv –l'un de ceux qui a rapporté cette histoire dans le pays– a publié un démenti, reprenant les propos du rabbin Avraham Dov Levin expliquant qu'il n'y avait aucune base logique ni théologique pour maltraiter le chien.
Dans un communiqué (traduit par ce blog en anglais via Google Translate), le rabbin a précisé que le chien était une chienne, enceinte, et que le tribunal avait simplement appelé les services de la mairie pour récupérer le chien qui refusait de sortir. Les enfants du voisinnage, peut-être pas habitués aux chiens (mais beaucoup plus aux chats errants), se seraient réjouis de sa visite d'où des cris et autres applaudissements.



L'AFP a également envoyé ce message aux médias français:
ATTENTION - ANNULATION: Merci d’annuler cette dépêche du 17 juin, basée sur une fausse information rapportée par des médias israéliens. Pas de nouvelle version //

mercredi 15 juin 2011

ACTUALIA : DEBAT DU 28 JUIN 2011



ACTUALIA
Forum d’analyses et de débats sur l’actualité
Vous invite à participer à son dernier forum de la saison

MARDI 28 JUIN, à 20h

 

Salle « Félicia Blumenthal » 26, Kikar Bialik, Tel-Aviv

Parking angle Tchernikhovsky et Macccabi, puis, prendre l’escalier

L’ALTERNANCE EN ISRAËL EST-ELLE UNE UTOPIE ?
Avec la participation de :

Rav Haïm AMSELLEM, député à la Knesset et fondateur du nouveau parti : Am Shalem,

Samuel FLATO-SHARON, homme d’affaires et de média ;      ancien député à la Knesset, analyste politique sur 100FM

Dr Robert ROUACH, aile gauche du Parti Travailliste, ancien directeur de cabinet de Yossi Belin et Haïm Ramon, ancien conseiller d’Itshak Rabin

Francis WEITZ, ancien président de la Fédération Sioniste de Belgique, vice-président de Kadima Hanoar Atsioni mondiale

Modérateur : Jacques BENILLOUCHE, journaliste, correspondant de SLATE

Un buffet fromages et vin sera servi en fin de soirée
P.A.F. 50 Sh

Réservations obligatoires (mais sans engagement) à :       rogergoldstein@yahoo.fr, tel 09 950 00 71


Les prochaines élections paraissent jouées d'avance après l'explosion du parti travailliste et le silence troublant du parti Kadima. Sauf accident majeur, Benjamin Netanyahou sera reconduit pour un nouveau mandat face à une opposition inaudible qui n'arrive pas à émerger.

La restructuration au sein de certains partis tend cependant à modifier l'offre politique sans pour autant mettre en danger la suprématie du Likoud.

L'alternance politique semble remisée au rayon de l'Histoire de l'Etat d'Israël à moins que certains hommes politiques décident de se soustraire à cette fatalité.


lundi 13 juin 2011

KOL-ISRAEL : LE SILENCE DES PAYS ARABES FACE A LA SYRIE



KOL-ISRAEL : LE SILENCE DES PAYS ARABES

Les massacres en Syrie ne font pas réagir les pays arabes dont le silence détonne  face aux nombreuses condamnations internationales.

L'analyse de Jacques BENILLOUCHE
au micro 
d'Annie GABBAI de Kol-Israël
Funérailles de quinze officiers tués en Syrie
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dimanche 12 juin 2011

TURQUIE : DES ELECTIONS SANS SUSPENSE POUR ISRAEL



TURQUIE : DES ELECTIONS SANS SUSPENSE POUR ISRAEL

Par Jacques BENILLOUCHE



                Les révolutions dans les pays arabes, les troubles persistants en Syrie et l’accord de réunification Fatah-Hamas ouvrent la voie à une redistribution des cartes politiques au Proche-Orient. Après sa volte-face à l’égard d’Israël , le premier ministre turc Tayyip Erdogan visait le leadership arabe souffrant de l’absence d’un dirigeant charismatique. Il s’estimait capable de remplacer sur la scène internationale Hosni Moubarak qui avait à la fois les faveurs des occidentaux et celles de l’ensemble des pays arabes. Il savait que l’équilibre de la région, en pleine effervescence, passe par l’émergence d’une stature internationale incontestée dont il avait l’étoffe. Il semble à présent que la Turquie, qui avait investi dans une stratégie pro-arabe, songe à reconsidérer son choix politique face à Israël. 

Iran fragile
            L’alliance avec Ahmadinejad est devenue fragile car les opposants locaux au régime iranien font preuve d’audace puisqu’ils organisent attentats et sabotage et même tentative  d’assassinat le 24 mai 2011 à Abadan. Par ailleurs, le président iranien se trouve au centre de querelles l’opposant aux Gardiens de la Révolution à la suite de son conflit sur le partage du pouvoir avec le guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei qui lui reproche d’avoir violé le principe de l’obéissance totale au Guide iranien.  Il est même accusé de comploter pour le renverser. Erdogan hésite donc à miser sur un dirigeant en perdition.
Les troubles en Syrie inquiètent la Turquie qui réalise que son choix de se rapprocher des pays arabes pour en prendre le leadership n’était plus d’actualité. Bassar Al-Assad a perdu sa crédibilité vis-à-vis des turcs. Des sources de renseignements font état d’instructions secrètes, données par Tayyip Erdogan, de réduire les liens avec Damas ce qui aurait pour effet de réchauffer ceux avec Israël. Il est passé aux actes en autorisant l’opposition syrienne à organiser une réunion à Anatalia, du 31 mai au 2 juin, pour développer les moyens d’aider la révolution populaire afin de renverser le régime de Bassar El-Assad. Par ailleurs le premier ministre turc prend ouvertement position contre son ancien allié syrien qu’il a accusé le 10 juin, selon l’agence de presse Anatolie, d'avoir commis des « atrocités » sur les manifestants.

Pas de soutien au régime syrien

Les dirigeants turcs cherchent à expliquer ce retournement de situation par leur refus de « soutenir un régime qui tue des civils musulmans dans la rue.  La Turquie est une démocratie musulmane qui ne doit pas soutenir des dictateurs qui assassinent leurs citoyens. » Le changement de stratégie a pris plusieurs formes. Les turcs ont conseillé à Bassar El-Assad de ne pas fouler le territoire turc et ont menacé le régime syrien de mesures radicales s’il continuait à réprimer les kurdes. Au nord de la Syrie, les répercussions touchent les kurdes du sud de la Turquie qui ne veut plus être accusée de manifester une quelconque solidarité avec son ancien allié, la Syrie.
Des informations concordantes font état d’un possible revirement turc vis-à-vis d’Israël  qui prendrait la forme d’une opposition à une nouvelle flottille prévue en juin pour briser le blocus de Gaza. Quinze navires ont été affrétés avec à leur tête le Marmara Mavi qui a subi l’attaque israélienne ayant fait neufs morts dans les rangs turcs. Il semble qu’en geste de bonne volonté le premier ministre ait décidé d’interdire une nouvelle participation turque à cette flottille. Il veut empêcher la Syrie de s’appuyer sur la solidarité syro-turque pour contrer sa révolution en prenant le prétexte d’une attaque du nord d’Israël. L’Etat juif a d’ailleurs anticipé le manège et a réprimé violemment les tentatives de forcer la frontière syrienne. Des militants palestiniens avaient jeté des pierres et tenté de franchir les lignes de barbelés qui délimitent la frontière entre Israël et la Syrie. Tsahal, qui avait prévenu diplomatiquement son voisin, a répondu par des tirs qui ont fait 23 morts chez les Palestiniens.

Mainmise de l’AKP

Erdogan a progressivement étendu son pouvoir en éliminant les chefs militaires qui lui portaient ombrage. Prétextant un soi-disant complot, il a mis à la retraite plusieurs généraux et emprisonné les plus réfractaires, des « généraux en pyjama » selon l’opposition. Il ne s’était jamais attaqué de front à l’armée mais il a accepté de prendre des risques dont les effets pourraient influer sur l’avenir et la stabilité de son pays. Il avait besoin d’une armée docile. Pour cela, il avait décidé d’affaiblir le camp des laïcs en amendant la Constitution votée après le coup d’Etat de 1980 afin de rogner sur les prérogatives des militaires et d’islamiser en douceur la Turquie.
Israël a suivi les évènements avec philosophie en craignant une Turquie islamique forte qui prêterait main forte à un Iran nucléaire. Il a gardé en secret des liens privilégiés avec les militaires turcs avec l’espoir que des pressions pourraient s’exercer par une armée soumise aux intimidations du pouvoir civil. Il a été involontairement mêlé à la campagne électorale en Turquie car le chef de l’opposition, Kemal Kiliçdaroglu, reprochait au régime la rupture avec l’Etat hébreu et tenait à marquer sa préférence pour une réactivation de l’alliance entre les deux alliés. Le chef du CHP, parti républicain du peuple, s’est cependant trouvé affaibli par les scandales sexuels de certains de ses membres qui lui ont enlevé toute chance de l’emporter. Il était accusé de collusion avec Israël car il avait ouvertement critiqué, à la télévision israélienne, l’expédition du Marmara en estimant que ses passagers avaient fait preuve d’intentions belliqueuses : « Si nous n’avions pas envoyé le Marmara là-bas, nos relations avec Israël n’en seraient pas là ! ».

Elections sans suspense

Les élections législatives turques du 12 juin 2011 n'entretiennent aucun suspense car le parti islamiste AKP, au pouvoir depuis 2002, sortira certainement victorieux avec cependant un vote moins massif qu’en 2007. Mais le « modèle turc », cher aux révolutionnaires tunisiens,  fait illusion car la démocratie s’étiole en raison des entraves à la liberté de la presse avec l'arrestation des deux derniers grands journalistes d'investigation, et des mesures de durcissement du régime. L'alternative politique devient une utopie en Turquie car les réformes économiques et sociales érigées entre 2002 et 2007 ont réussi et ont amené une véritable avancée pour la population turque.  Mais la société s'est refermée avec l’ascendant pris par la  religiosité et la morale.
Benjamin Netanyahou n’a jamais voulu envenimer ses relations avec la Turquie qui entrait dans la stratégie américaine dans la région. Il a envoyé plusieurs de ses ministres à Ankara, en particulier le ministre de la défense Ehud Barak en janvier 2010,  pour tenter de renouer des relations rompues et réactiver la coopération militaire. Il sait que la stabilité régionale passe par le maintien de bonnes relations entre les deux pays même si Ankara a fait quelques infidélités aux occidentaux. Il a conseillé à ses alliés kurdes en Syrie, qu’il finance et arme, de cesser toute attaque contre la Turquie pour éviter d’envenimer la situation et contre la Syrie pour empêcher la chute de Bassar Al-Assad qui ouvrirait la voie à l’inconnu dans une zone de turbulence et à un risque pour la sécurité d’Israël.
Chacun des deux pays y trouve son intérêt. Pour Israël, la Turquie est le seul membre musulman de l’OTAN qui pourrait s’opposer à l’influence grandissante de l’Iran. En revanche, elle doit maintenir de bonnes relations avec Israël et les occidentaux si elle veut jouer un rôle régional équilibré. Elle dépend par ailleurs d’Israël pour une partie des armements qu’elle utilise dans le conflit contre les rebelles kurdes, actuellement en pleine effervescence, notamment les drones Heron et la modernisation de chars M60.
Le Proche et Moyen-Orient sont à la veille de changements importants. Les élections de juin en Turquie et de 2012 en Israël pourraient consolider la position des deux leaders des deux  grands pays de la région, autrefois alliés. Ils sont condamnés à s’entendre.

samedi 11 juin 2011

Slate : Israël-Palestine: deux stratégies pour avoir l'initiative




Slate : Israël-Palestine: deux stratégies pour avoir l'initiative

par Jacques BENILLOUCHE


Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien et Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité Palestinienne cherchent l'un comme l'autre à avoir le plus d'atouts pour la grande négociation qui s'annonce.


Tandis que les américains cherchent à ranimer les pourparlers de paix et que le Quai d’Orsay tente d’arbitrer le débat qui s’enlise, les deux dirigeants des deux camps, Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas, cherchent à se donner des marges de manoeuvres et à affiner la stratégie qu'ils espèrent victorieuse. Américains comme Français veulent éviter un clash avant septembre 2011 et la proclamation unilatérale d’indépendance de la Palestine.

Lire la suite sur le site Slate en cliquant sur le titre en rouge de l'article :
 

http://www.slate.fr/story/39293/israel-palestine-abbas-netanyahou-strategies

lundi 6 juin 2011

SLATE : L’IRAN N'A PAS RENONCE A LA BOMBE NUCLEAIRE




SLATE :  L’IRAN N'A PAS RENONCE A LA BOMBE NUCLEAIRE

Par Jacques BENILLOUCHE



Les dirigeants israéliens soufflent le chaud et le froid dans une sorte de jeu pour brouiller les pistes et détourner l’attention sur leurs intentions réelles à l’égard de l’Iran.

Pour lire l'article sur Slate cliquer sur le lien :

http://www.slate.fr/story/39095/iran-bombe-programme-nucleaire

ALAIN JUPPE : MISSION IMPOSSIBLE



ALAIN JUPPE : MISSION IMPOSSIBLE

Par Jacques BENILLOUCHE

               
          Il est de tradition pour tout nouveau ministre français des affaires étrangères de faire un voyage en Israël pour mettre à jour avec les différentes parties, de vive voix, les informations dont il dispose sur la région.  Alain Juppé n’a pas dérogé à la règle mais il n’a cependant pas commis la même bourde que Michèle Alliot-Marie qui avait estimé devoir se rendre à Gaza  contre la volonté israélienne et qui s’est faite chahuter au point où sa sécurité avait été un instant compromise.

Handicap du Quai d’Orsay

Mais Alain Juppé est venu en Israël avec un grand handicap en sa qualité de gaulliste et de chiraquien. Les israéliens gardent la rancune, d’une part, de l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle dont le  ministre Couve de Murville avait décidé de détruire en quelques mois dix années d’idylle entre la France et Israël et d’autre part, de celle de Jacques Chirac qui avait misé sur une entente  pro-arabe avec les régimes irakien et syrien. Le Quai d’Orsay n’a jamais été perçu comme un allié potentiel d’Israël et son locataire actuel souffre d’un apriori négatif. 
                La France cherche désespérément à devenir active dans le conflit israélo-arabe mais ses tentatives ont été vouées à l’échec. Les américains, qui considèrent le Proche-Orient comme une chasse gardée, ont d’ailleurs tout fait pour la mettre à l’écart. Elle n’a jamais pu obtenir la confiance des israéliens qui lui reprochent de privilégier ses intérêts économiques avec les pays arabes plutôt que la recherche d’une solution équilibrée conforme aux souhaits des deux parties. Les relations bilatérales, optimistes du début du septennat de Nicolas Sarkozy, se sont transformées en véritable conflit entre les deux « frères jumeaux ». 
                L’objectif d’Alain Juppé impliquait la relance des négociations israélo-palestiniennes pour éviter l’épreuve de force de la déclaration unilatérale d’un Etat palestinien en septembre 2011. Lors de sa rencontre avec le premier ministre Salam Fayyed, il avait estimé que : « Le statu quo qui règne au Moyen-Orient entre Israël et les Palestiniens n’est plus tolérable. Nous sommes convaincus que si rien ne se passe entre aujourd’hui et septembre, la situation sera intenable pour tout le monde devant les Nations Unies ». Il a proposé que la France agisse en arbitre à l’occasion d’une conférence organisée à Paris : « Nous serions prêts, sur la base d’un appel du Quartet pour le Proche-Orient, à organiser à Paris  avant la fin du mois de juillet une conférence qui ne se bornerait pas à réunir simplement les donateurs, mais qui pourrait être une conférence politique plus large engageant ce processus de négociation ».

Négociations en deux temps

                Alain Juppé a exposé sa stratégie d’une négociation qui se déroulerait en deux temps pour reporter à plus tard les questions qui fâchent. Pour obtenir l’aval des américains sur son projet, il a repris les propositions de Barack Obama visant à établir deux Etats sur la base des frontières existantes avant 1967, avec rectifications consenties. En revanche, il accepte de reporter à plus d’un an les négociations sur le statut de Jérusalem et sur le droit au retour des réfugiés palestiniens. Il a présenté sa proposition à Mahmoud Abbas à Rome qui vient de donner son accord pour venir à Paris mais il persiste à exiger pour les négociations le préalable de l’arrêt des constructions dans les implantations de Cisjordanie. Il semble que le discours d’Obama ait atténué cette exigence car les palestiniens ne veulent pas se couper de l’administration américaine : « Si le gouvernement israélien accepte le principe énoncé par le président Obama - le processus de paix doit permettre la création de deux Etats dans les frontières de 1967 - cela pourrait ouvrir une porte à la reprise des négociations » a affirmé le président de l’Autorité palestinienne.
Ces propositions n’ont rien de nouveau pour les israéliens qui tiennent à ce que tous les sujets soient traités simultanément dans la négociation. Benjamin Netanyahou campe sur sa position intransigeante, encouragé par l’accueil reçu au Congrès américain interprété comme une gifle à Barack Obama. Il vient d’annoncer qu’il étudie la proposition de la France pour une conférence de paix, mais il refuse de discuter une Autorité palestinienne qui inclurait le Hamas en lutte, selon lui, pour la destruction d’Israël. Il ne semble pas, par ailleurs, avoir l’intention de céder au projet d’Alain Juppé car il réfute toute négociation sur la base des frontières de 1967 considérées selon lui comme « indéfendables ». Sauf revirement, la situation est bloquée.

L’obstacle de la déclaration unilatérale

Le premier ministre israélien attend de connaitre  la position adoptée par les français sur la déclaration unilatérale d’indépendance de la Cisjordanie. Les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Italie se sont déclarés contre ce projet alors que la France, un des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU,  hésite encore à prendre une position définitive. Israël en fait un casus belli car il assimile cette déclaration à un moyen détourné pour l’isoler sur le plan international. Cette hésitation fait craindre en effet que le Quai d’Orsay n’applique sa doctrine consistant à appuyer systématiquement le camp arabe.
Mais Alain Juppé veut s’attacher à relancer le dialogue alors qu’il sait qu’il ne débouchera sur aucun résultat tangible tant qu’il est mené avec la même stratégie. L’efficacité de la discussion ne pourra être envisagée que si les adversaires s‘installent à la table des négociations avec une position innovante. L’opposition israélienne estime qu’il est temps que les deux parties se décident enfin à rédiger un mémorandum  précisant des propositions concrètes sur les concessions minimum qui seront soumises à la discussion puis à référendum. La finalité restera alors un marchandage qu’aucun commerçant de la région ne désavouerait. En l’absence d’un document écrit, la discussion sera stérile et les conférences internationales se borneraient à émettre des vœux pieux.
On pourrait se poser la question de savoir pourquoi  Alain Juppé s’est engagé dans une voie qu’il savait sans issue dès le départ. Deux raisons à cela. Il veut d’abord exister en tant que ministre en concurrence avec le premier ministre François Fillon. Certains à l’UMP le voit par ailleurs comme un recours gaulliste en 2012 si Sarkozy renonçait au dernier moment à se présenter et il se doit donc de se donner une image internationale. En tout état de cause, sa démarche était sans danger. S’il échoue, on ne lui en tiendrait pas rigueur mais s’il parvient à un début de déblocage du processus de paix, il deviendrait l’homme de la situation qui aura battu les américains sur leur propre terrain.