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ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE

mercredi 30 mars 2011

Radio JudaïquesFM - ISRAEL ET LA SITUATION EN SYRIE



Radio JudaïquesFM - ISRAEL ET LA SITUATION EN SYRIE

L'analyse de Jacques BENILLOUCHE 

au micro d'Eva SOTTO
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mardi 29 mars 2011

BILLET D’HUMEUR : AUTOFLAGELLATION



BILLET D’HUMEUR : AUTOFLAGELLATION

Par Jacques BENILLOUCHE
La censure
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Les juifs sont spécialistes pour passer leur temps à se flageller. Au lieu de concentrer leurs attaques sur leurs ennemis, ils s’envoient mutuellement des boulets d’injures que n’aurait désavoués aucun de nos adversaires. A longueur de mails, de messages Facebook et de blogs, la haine se déverse entre journalistes comme si nous n’avions pas suffisamment de thèmes sérieux à débattre, comme si l’actualité manquait de sujets dramatiques et comme si la solidarité n’était plus de mise en Israël.
Pourtant, pour les adeptes des mots et de la politique, un seul postulat doit prévaloir : la liberté de penser et d’écrire car le juif en a été privé durant des siècles. La sanction, si sanction il devait y avoir, est celle du lecteur qui aurait à arbitrer en fin de parcours en ayant toujours le dernier mot. La censure doit être bannie même si elle évite parfois des excès mais nous devons compter sur l’intelligence des lecteurs qui savent corriger d’eux-mêmes.
Cependant les francophones d’Israël, autant que les juifs de France, ont opéré un grand virage à droite qui les rend intransigeants. Ils estiment dorénavant que tous ceux qui ne pensent pas comme les nationalistes doivent être qualifiés de gauchistes et, injure suprême, de traites à la cause d’Israël. En d’autres temps, ils auraient voté pour douze balles dans la peau de leurs détracteurs.
Nous sommes issus du Peuple du Livre et nous avons hérité de nos ancêtres le goût du débat permanent, de la contradiction et de la contestation, entrainés en cela par les études des multiples interprétations des textes sacrés. Mais la diversité du peuple juif est telle que nous recouvrons toutes les facettes de la pensée humaine et que nous débordons au-delà de nos frontières.
La haine qui transpire dans certains articles et dans les nombreux commentaires de lecteurs n’est pas digne car les hommes sont fustigés pour leur personne et non pas pour leurs idées. L’attaque intuitu personae est souvent un signe d’absence d’arguments.  Il est difficile de croire que certains journalistes juifs sont retors au point de s’asseoir sur leurs convictions pour un salaire ou pour une pige. Il faut cesser ces sous-entendus qui nous déshonorent. Le peuple juif est diversifié et sa force et sa résistance tiennent à la multiplicité des idées qu’il diffuse.
La droite n’a pas le monopole du soutien à Israël et la gauche n’est plus en état de donner des leçons de générosité et de bonne conduite. Les deux bords doivent donc accepter toute thèse iconoclaste parce que du débat nait la lumière. Nous devons concentrer notre énergie sur la seule cause qui vaille : la survie du Peuple juif en tant qu’entité et en tant qu’Etat.   

GUYSEN-TV JOURNAL DU 28 MARS 2011 : LE HAMAS



GUYSEN-TV  JOURNAL DU 28 MARS 2011 : LE HAMAS

Jacques BENILLOUCHE AU micro de Myriam DANAN
Haniyeh, Abbas, Dahlan
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Le président palestinien Mahmoud Abbas vient de déclarer que la division entre les territoires palestiniens créait des difficultés pour faire la paix avec Israël. "Il est impossible de réaliser l'aspiration de notre peuple de faire la paix sans mettre un terme à la division entre les Palestiniens", a dit le président Abbas lors d'une rencontre à Ramallah avec des responsables du Hamas..

Le président de l'Autorité a discuté avec des responsables du Hamas de sa récente proposition visant à mettre fin à la division. Sa visite à Gaza tendrait à la formation d'un gouvernement de technocrates pour préparer l'organisation des élections dans six mois.

Aziz Al-Dewaik, un responsable du Hamas présent à cette rencontre qualifiée de "positive et profonde", a promis d'annoncer les décisions prises pour réaliser l'unité palestinienne dans les prochains jours.

Le chef du gouvernement du Hamas, Ismail Haniyeh, avait invité le 15 mars le président Abbas à Gaza pour une rencontre. Mahmoud Abbas, qui avait accepté cette invitation, avait affirmé qu'il ne pourrait se rendra dans la bande de Gaza que pour déclarer la formation d'un gouvernement d'union nationale qui serait chargé de préparer les prochaines élections.

Haniyeh et Abbas sont sous pression des Palestiniens pour la réconciliation nationale.

lundi 28 mars 2011

SLATE : L'inattendu rapprochement saoudien-israélien



SLATE : L'inattendu rapprochement saoudien-israélien

par Jacques BENILLOUCHE


L'administration américaine discréditée, Israéliens et Saoudiens se rapprochent pour empêcher l'Iran de tirer partie de la destabilisation de la Syrie et de la Jordanie. Ils ont un allié inattendu: la Russie.












Les troubles s'étendent en Syrie et le régime semble perdre le contrôle de la situation. La Jordanie se retrouve aussi contaminée par ce printemps arabe et des peuples qui soudain n'ont plus peur de réclamer la liberté. Si la Libye préoccupe peu les israéliens qui ne sont pas directement concernés, il en va évidemment tout autrement de la Syrie. La chute ou la destabilisation du régime de Bassar El Assad auraient des répercussions profondes au Proche-Orient, et sur Israël en particulier. La Syrie n'est évidemment pas la Tunisie, l'Egypte ou même la Lybie. ....

Lire la suite sur le site de Slate en cliquant sur le titre en rouge de l'article :





samedi 26 mars 2011

LA LECON DU VIEUX BOURGUIBA AU JEUNE KADHAFI




LA LECON DU VIEUX BOURGUIBA AU JEUNE KADHAFI


Par Jacques BENILLOUCHE

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Le colonel Kadhafi s’est toujours moqué des dirigeants du monde avec la morgue qui le caractérisait. Il ne se privait pas de leur donner des leçons alors qu’il se trouvait en visite officielle, en France en particulier. Il profitait de sa richesse pétrolière pour rabrouer des gouvernements qui le ménageaient car ils avaient le regard figé sur leur balance commerciale. Il s’est joué des politiques et il a humilié ceux qui n’osaient pas le contrer parce que, en tant que client potentiel, il devait être traité avec beaucoup de déférence. Mais il était surtout craint à cause de sa capacité de nuisance à susciter et fomenter des actions terroristes.
Seul un président lui a tenu tête ouvertement et, devant les caméras de télévision, il l’a mouché comme un gamin pris la main dans le pot de confiture. Le président Habib Bourguiba, avait su s’opposer à son arrogance déplacée, face à lui, regard contre regard et parole contre parole. Cet épisode de l’altercation, encore dans les esprits des anciens, a été immortalisé par la télévision.
 Le président tunisien avait infligé, en décembre 1972 au cinéma le Palmarium, une estocade publique dont le jeune colonel libyen se souvient encore aujourd’hui comme d’un affront qu’il digéra dans le silence et dans le respect dû au « combattant suprême ». Kadhafi avait exigé, au cours de sa visite officielle à Tunis, de s’adresser, seul, aux corps constitués tunisiens dans un discours tout aussi enflammé que délirant. Il lança alors un appel à ses interlocuteurs : « Les luttes de libération nationale doivent maintenant déboucher sur un combat pour l’édification d’une nation arabe unifiée, du Golfe à l’Atlantique... le monde arabe doit répondre au défi de certaines puissances étrangères, au premier chef les Etats-Unis.  ».
Bourguiba suivait le discours depuis sa résidence de Carthage. On le prenait alors pour un président fatigué par l’âge, usé par le pouvoir et incapable de réagir aux phantasmes d’un illuminé. Il n’hésita pas à quitter son palais dans la voiture d’un policier pour débouler en trombe au cinéma, à la stupéfaction générale de l’assistance de ses hauts fonctionnaires. Il décida d’interrompre sur le champ le discours du jeune donneur de leçon et il improvisa alors, en arabe dialectal, une de ses harangues politiques dans lesquelles il excelle. Il apostropha un Kadhafi interloqué : « L’année de ta naissance j’étais en prison en France pour avoir lutté pour l’indépendance de la Tunisie. »  Puis, renonçant à modérer ses propos, il mêla l’ironie à la condescendance en usant, sans fioritures, du langage populaire direct qui lui sied le mieux : « L’unité arabe ? En 1967, quatre pays ont été écrasés par Israël. La raison ? Les différences de niveau entre les civilisations, surtout dans le domaine technologique... et nous, nous voulons défier l’Amérique... Tu veux vaincre Israël, regarde-nous ! La Tunisie est encore au moyen âge mais la Libye, elle, en est à la préhistoire ».
Le colonel n’avait pas apprécié la franchise de son aîné et, honteux et confus comme dans la fable, il reprit son avion le jour même sans avoir osé donner la réplique. Cet anecdote prouve que les grands dirigeants, les vraies bêtes politiques, sont les seuls à avoir le courage de ne montrer aucune complaisance vis à vis des personnages douteux, cette même complaisance dont on a usé et abusé en France parce que l’on n’osait pas se comporter autrement qu’en marchand d’armes, de Rafale et d’usine atomique.
Un regret cependant. Bourguiba n’a jamais été jusqu’au bout de ses convictions bien qu’il ait réitéré ses propos à Jacques Chancel dans la célèbre émission « radioscopie » en 1974. Il n’a jamais reconnu l’Etat d’Israël ni ouvert des relations diplomatiques officielles qui auraient fait de lui un Anouar El Sadate avant l’heure. 

Voir la vidéo en arabe du Palmarium :

http://www.dailymotion.com/video/xhbx5_bourguiba-palmarium_news

           

mercredi 23 mars 2011

SLATE : Le Hamas veut faire dérailler le processus de paix




SLATE : Le Hamas veut faire dérailler le processus de paix

par Jacques BENILLOUCHE

Sous l'impulsion de l'administration Obama, des négociations discrètes sont en cours entre le gouvernement israélien et l'Autorité palestinienne. Le Hamas entend tout faire pour les torpiller.
Après une longue accalmie, le Hamas a décidé de réactiver par tous les moyens le front israélien. Le mouvement islamiste craint que la population de Gaza, à l’instar de celle de Cisjordanie, se complaise dans une situation de ni-guerre ni-paix qui démobilise les militants et pire applaudisse à un accord de paix permettant la création d'un Etat palestinien. Il a donc décidé depuis plusieurs semaines de rompre le cessez-le feu tacite, en vigueur depuis la fin de l’opération «Plomb durci» de 2009. Les tirs de roquettes et les attentats se sont ainsi multipliés.....
Lire la suite sur le site de Slate en cliquant sur le titre en rouge de l'article:


http://www.slate.fr/story/36027/hamas-israel-derailler-processus-paix



REVOLUTIONS ARABES : LE REVEIL SYRIEN



REVOLUTIONS ARABES : LE REVEIL SYRIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
L'armée syrienne en opération

            Les regards israéliens sont tournés vers la Syrie qui connait, comme d’autres pays arabes, des turbulences et des émeutes. Alors que la Libye intéresse peu les israéliens en raison de l’éloignement de ses frontières et des faibles risques militaires, le cas de la Syrie reste préoccupant. Aucune similitude n’est à retenir entre la révolution tunisienne ou égyptienne, qui toutes deux ont vu l’armée refuser de prendre position, et celle de Libye où le régime s’appuie sur la 32ème brigade commandée par le fils Khamis Kadhafi. Ces 10.000 militaires fidèles et fortement armés sont prêts à en découdre car leur avenir en dehors du clan Kadhafi est incertain.
La Syrie en revanche se distingue des autres pays. Sa population vit depuis 1963 sous le régime de l’état d’urgence à la suite du coup d’Etat du 8 mars 1963 fomenté par le général Amin Al-Hafez. L’armée y est au pouvoir et omnipuissante. Les informations qui nous parviennent sont sommaires puisque la presse occidentale est peu présente à Damas. Cela explique pourquoi les occidentaux ont du mal à évaluer la réalité de la révolution populaire mais ils sont prêts à soutenir tout élan tendant à l’émergence de la démocratie à condition que la volonté vienne de l’intérieur.

Troubles confirmés

            Le régime syrien n’innove pas pour contrer la propagation de la contestation. Il utilise les mêmes méthodes que tous les régimes dictatoriaux. Bassar El Assad a envoyé son frère cadet Maher Assad, à la tête de la 4ème division blindée, pour réprimer le 21 mars le soulèvement populaire. Il avait déjà ordonné à des forces parachutistes de la garde présidentielle d’organiser le 18 mars deux opérations héliportées à Daraa et à Deir Ezzor en y faisant au moins 54 morts. La télévision Al Arabiya a confirmé que les manifestations se sont étendues à Damas, Alep, Homs et Baniyas et qu’elles ont été l’objet d’une répression sévère. Les émeutiers ont rempli le rôle des journalistes en captant les images des émeutes avec leurs téléphones portables pour les diffuser sur le Net.
            La préoccupation d’Israël reste l’extension d’une guerre civile à ses portes car la révolution risque d’être incontrôlable lorsque plusieurs parties interviennent dans ce conflit. L’opposition syrienne a fait appel aux mouvements kurdes pour l’aider matériellement dans la contestation. Les Kurdes, la plus importante minorité, représentent environ 10 % de la population sans pour autant bénéficier d’une reconnaissance de leur identité spécifique. Ils menacent la cohésion nationale, selon le pouvoir, justifiant ainsi pourquoi leur grande majorité reste persécutée et pourquoi la nationalité syrienne leur est refusée. Cette communauté, prise dans l’étau turco-syrien, cherche à profiter des révolutions dans les pays arabes pour revendiquer ses propres droits. Le rapprochement entre la Turquie et la Syrie avait convaincu les israéliens de s’engager auprès des kurdes dans le cadre d’une coopération militaire de plus en plus étroite avec Tsahal. Cependant, les israéliens ne veulent surtout pas être partie prenante dans un conflit interne en Syrie qui risque de dégénérer par une répression contre leurs protégés.

La main de l’Iran

            Une éventuelle révolution syrienne risquerait d’avoir des conséquences inattendues pour Israël. L’Iran pourrait se donner le droit d’intervenir pour sauvegarder ses intérêts quitte à fomenter, comme au Liban, une guerre civile. Bassar El Assad est redevable vis-à-vis de l’Iran car il reçoit des armes en quantité importante et bénéficie de son soutien dans sa politique de mainmise sur le Liban par Hezbollah interposé. L’Iran lui a par ailleurs promis la modernisation du port de Lattaquié pour le transformer en base maritime iranienne en Méditerranée et en port de stockage d’armements contrôlé par les Gardiens de la Révolution. Les travaux ont déjà commencé et la dissémination d’armes à destination du Hamas avait été tentée par le navire Victoria qui devait décharger du matériel sophistiqué, embarqué en Syrie,  au port égyptien d’El-Arish mais qui a été arraisonné par la marine israélienne.
            Le président Bassar el Assad a donc demandé l’aide des iraniens pour obtenir que les troupes armées du Hezbollah, qui ne reçoivent d’ordres que d’Ahmadinejad, interviennent pour mater la rébellion. Des milliers de miliciens ont traversé la frontière pour participer à la répression contre les révoltés de Damas au point d’inquiéter l’opposant syrien en exil Maamoun Al-Homsi qui a demandé au Hezbollah de retirer ses hommes.
            La situation est donc plus complexe en Syrie qu’au Maghreb et en Egypte. Le soulèvement populaire couplé avec l’activisme kurde et l’intervention du Hezbollah risque d’envenimer une situation déjà tendue. Mais la peur a changé de camp puisque le régime syrien, actuellement aux abois, pourrait prôner l’anarchie ou la guerre civile pour favoriser une intervention extérieure qu’Israël jugerait plus dommageable que la situation actuelle de tension sans guerre.
            Un signe démontre la profondeur de la contestation. Les femmes sont entrées en opposition frontale et celles qui ont des proches enfermés  ont trouvé l’occasion de rappeler au bon souvenir des occidentaux que certains opposants politiques croupissent dans les prisons syriennes. Ainsi, Rouba Laouani et ses amies militantes défendent l’opposant Kamal Labouani condamné à 12 ans de prison.

Haines et craintes

            Israël est déçu de la réaction de la Ligue Arabe qui, à l’unanimité, a condamné les frappes contre la Libye alors qu’elle aurait dû applaudir l’avènement de la démocratie parmi les siens. Malgré les exactions commises contre le peuple libyen, elle a qualifié cette intervention occidentale de colonialiste. Aucun précédent positif d’ingérence dans les affaires internes d’un pays arabe ne peut donc être invoqué pour la Syrie.
Les occidentaux feraient preuve, selon Israël, d’indulgence vis-à-vis d’un Iran conquérant. La déception est grande de voir que les Etats-Unis se bornent à « vigoureusement condamner les violences qui ont eu lieu en Syrie et à appeler le gouvernement syrien à autoriser que les manifestations se déroulent pacifiquement. » Israël regrette que l'administration Obama ne soit pas allée au-delà d’une condamnation verbale de la répression brutale de la dissidence. Il sait toutefois que les situations se retournent toujours contre lui et que les tensions internes se dissipent dès qu’il est qualifié d’ennemi agissant de l’extérieur. Quelque soient la justification de ses actions et la volonté réelle des populations à s’affranchir de leurs dictateurs, il ne réussit qu’à fédérer toutes les haines et toutes les craintes à son égard.
Les dirigeants israéliens se sont refusés à communiquer sur les révolutions arabes car ils estiment que « le monde s’est arrêté de se taire » et que les occidentaux ont enfin compris que la communauté internationale ne garderait plus le silence lorsqu’un « tyran massacre ses compatriotes ». Alors, l’Etat juif laisse aux autres le soin de donner des leçons et de se comporter en gendarme de la région. Faisant face à de nouveaux défis sécuritaires, il cherche dorénavant à circonscrire les dangers qui le guettent à ses frontières immédiates.
Israël sait qu’il est à l’origine d’alliances insolites puisque la Syrie, championne du nationalisme arabe laïc, se trouve liée à un Iran arborant la bannière de l’islam révolutionnaire tandis que les sunnites du président Bassar Al-Assad, dont le père a assassiné des milliers d’islamistes, flirtent avec les chiites d’Ahmadinejad. Alors, face à ces conceptions volatiles, il surveille de près la situation en Syrie car il craint que le chaos ne déborde les frontières et que l’Iran n’intervienne en sauveur de la légitimité du régime syrien. Il soupçonne les iraniens d’entretenir les émeutes pour saper le processus de paix qui risque d’isoler le régime des mollahs. Une victoire des émeutiers pourrait alors être confisquée par un Hezbollah mandataire et partenaire à la fois avec Téhéran et Damas.
Les américains n’ayant plus d’influence face à Bassar El-Assad, la Syrie et ses alliés du Hezbollah et du Hamas restent dans l’œil de mire des dirigeants israéliens qui ne croient pas à l’émergence d’Etats démocratiques tant que la religion n’est pas mise à l’écart de la politique des pays arabes. Selon eux, un changement positif en Syrie est fortement improbable.

mardi 22 mars 2011

GUYSEN-TV : LES TROUBLES EN LIBYE ET EN SYRIE




GUYSEN-TV : LES TROUBLES EN LIBYE ET EN SYRIE

DEBAT ANIME PAR David SEBBAN

avec le professeur David LANDES de l'Université de BOSTON

et Jacques BENILLOUCHE













Voir la vidéo directement sur le site de Guysen en cliquant sur le lien

http://www.guysen.com/tv/index_flash.php?vida=5384

samedi 19 mars 2011

LE VICTORIA CONFIRME L’IMPLANTATION DE L’IRAN EN SYRIE


LE VICTORIA CONFIRME L’IMPLANTATION DE L’IRAN EN SYRIE

Par Jacques BENILLOUCHE


L’arraisonnement du navire Victoria chargé d’armes à destination probablement des militants du Hamas confirme que l’Iran poursuit tranquillement son plan d’action dans la région tandis que les objectifs des caméras se tournent vers des horizons plus agités. Le bâtiment, navigant sous pavillon libérien et appartenant à une compagnie allemande, a été affrété par une société française. Après avoir pris son chargement au port de Lattaquié en Syrie, il a fait une escale technique au port de Mersin en Turquie pour  prendre ensuite la direction d’Alexandrie ou d’El Arish en Egypte.
L’Iran dévoile ainsi l’objectif qu’il s’était donné en faisant traverser le canal de Suez à deux de ses navires de guerre qui ont rejoint le port de Lattaquié en Syrie le 25 février.

Base navale iranienne

Les services de renseignements israéliens avaient découvert l’objectif réel de cette expédition qui n’avait pas uniquement pour but d’afficher une présence navale au large des côtes israéliennes, inédite depuis 1979. L’Iran avait en effet planifié la construction de sa première base navale en Méditerranée, dans un port syrien pour être plus proche de ses alliés de Syrie, du Hamas et du Hezbollah. Les Gardiens de la Révolution ont installé une base dans le port avec leur propre dépôt d’armement et leurs infrastructures techniques. Ils ont planifié des travaux d’élargissement et  d’approfondissement afin de doter le port de Lattaquié d’installations permettant l’accueil des gros navires militaires et des sous-marins.
En consolidant sa présence à proximité immédiate des frontières israéliennes, à 280 kms des premières villes du nord, l’Iran voulait ouvrir un nouveau front contre Israël tout en installant à proximité de ses protégés un lieu de stockage d’armement.
Le croiseur  Kharg, escorté par la frégate Alvand, était chargé de déposer les premières équipes techniques chargées de la construction du nouveau port « iranien » en Syrie. Cette installation était synchronisée avec l’annonce par le ministre russe de la défense, Anatoli Serdioukov, de la vente de missiles antinavires Yakhont, probablement les plus rapides au monde selon les spécialistes. Ce missile, capable de voler au raz de la mer pour éviter la détection par les radars, peut atteindre les villes côtières israéliennes grâce à sa portée de 300 kms. Les vedettes israéliennes n’auront plus la maitrise maritime dans la région tandis que l’Iran risque de donner un coup à l’hégémonie maritime israélienne au Proche-Orient.
La Russie semble avoir donné sa caution pour garantir la sécurité de ce nouveau port  protégé par la présence voisine, à 72 kms, de la base russe de Tartous. En cherchant à contrer l’omniprésence de la VIème flotte américaine, la collaboration entre les flottes russe, syrienne et iranienne brouille l’attitude des russes dans le conflit du Proche-Orient.

Double jeu syrien

La Syrie démontre aussi son double jeu puisqu’elle se réarme tout  en affichant sa volonté d’une reprise du dialogue de paix avec Israël. Le ministre syrien de la défense Ali Mohammed Habib ne cache pas l’objectif qu’il cherche à atteindre puisqu’à l’occasion d’une cérémonie à Damas en l’honneur de l’amiral iranien, l’habibollah Sayyari, il a déclaré que : « La présence des navires de guerre iraniens dans la mer Méditerranée pour la première fois après 32 ans est un grand mouvement qui va paralyser Israël. »
Benjamin Netanyahou a tenu à démontrer qu’il restait le maitre des évènements. Il a donc donné l’ordre à sa marine d’arraisonner le Victoria à 200 miles nautiques à l’ouest des côtes israéliennes. Les troupes d’élite de la Shayetet 13, les mêmes qui ont opéré contre la flottille de Gaza, ont pris le contrôle du navire, sans combat, et l’ont redirigé vers le port israélien d’Ashdod. De grandes quantités d’armement ont été découvertes dans les containers du Victoria en particulier : 2.500 obus de mortier, 6 missiles antinavires C-704, 2 systèmes de radars, deux lanceurs et de nombreuses munitions de calibre moyen.
Cette opération rappelle l’épisode du Karine-A. Israël avait alors saisi en mer Rouge, le 3 janvier 2002, un  navire qui transportait 50 tonnes d'armement, notamment des roquettes katioucha, des roquettes anti-char, des obus de mortier, des mines et 1,5 tonne d'explosifs. Ce matériel avait alors été financé par le Fatah de Yasser Arafat.
Les israéliens tiennent à la transparence de leur opération puisqu’ils ont convié les Ambassadeurs occidentaux en poste en Israël à se rendre à Ashdod pour assister à l’ouverture des conteneurs d’armes du Victoria. Les services secrets, qui suivaient ce navire depuis plusieurs jours, sont convaincus que les armes étaient destinées au Hamas et qu’il s’agit de matériel très sophistiqué. Ce transfert pouvait facilement s’opérer depuis que les nouvelles autorités égyptiennes avaient décidé de la réouverture de la frontière de Gaza à Rafah. Le port d’El Arish permettait par ailleurs une proximité avec les tunnels de contrebande.  
Cependant il semble bien que les égyptiens veillent à ne pas laisser des transferts d’armement s’effectuer contre leur volonté. Des responsables sécuritaires israéliens confirment que  les forces armées égyptiennes ont saisi cinq véhicules transportant des armes en provenance du Soudan destinées à la bande de Gaza. Les véhicules ont été interceptés dimanche en territoire égyptien, près de la frontière avec le Soudan, après une fusillade qui a fait de nombreux blessés. Les camions transportaient de grandes quantités de mortiers, de lance-grenades, de fusils ainsi que des explosifs à destination du Hamas et de ses alliés d’Al-Qaeda au Sinaï.

Nuisance iranienne

Les israéliens ont toujours estimé que la capacité de nuisance des iraniens était mal évaluée par les occidentaux et ils ne perdent jamais l’occasion de démontrer les menées hasardeuses du régime des mollahs.
Les émeutes dans les pays arabes semblent revigorer un Iran qui avait subi durant ces derniers mois des déconvenues qui l’avaient décrédibilisé. L’épisode du virus Stuxnet contre les usines nucléaires iraniennes lui avait porté un sérieux coup. S’il n’est pas l’instigateur des soulèvements arabes, il semble bien qu’il veuille récupérer à son profit le mécontentement des émeutiers dont la majorité désorganisée est à la recherche d’une doctrine pour consolider sa révolution. Mais il ne perd pas de vue que sa cible principale reste Israël et qu’il peut compter sur la passivité actuelle des Etats-Unis pour parfaire l’encerclement militaire total d’Israël. En perturbant les axes maritimes voisins de l’Etat juif par la création d’une base maritime, il cherche à augmenter la charge de défense d’Israël dans un domaine où l’Etat juif était jusqu’alors le maitre dans la région. Il permettrait aussi un transfert d’armes de haute technologie par les voies maritimes à tous les protégés des iraniens. L’arraisonnement du Victoria donne un coup d’arrêt temporaire à ces projets.

mercredi 16 mars 2011

RADIO KOL-ISRAEL : L'ARRAISONNEMENT DU VICTORIA



RADIO KOL-ISRAEL : 
L'ARRAISONNEMENT DU VICTORIA

Jacques BENILLOUCHE au micro de Maurice IFERGAN

Journal du 15 mars 2011

La cargaison d'armes iraniennes interceptées sur ce bateau et l'entrée en Méditerranée, il y a quelques semaines, de deux navires de la marine de guerre iranienne indiquent-elle une intensification des activités de Téhéran dans la région ? L'analyse du journaliste Jacques Benillouche, du site d'informations Slate.fr
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SLATE : DEUX ANS DEJA !



SLATE : DEUX ANS DEJA !



Le 10 février 2009, Slate s’est lancé dans l’aventure du Web. Slate.fr est la version française du site américain Slate.com, lancé en 1996 et racheté à Microsoft par le groupe du Washington Post en 2004. Pour conduire le projet à terme, l’équipe constituée par Jean-Marie Colombani (ancien directeur du Monde), Jacques Attali (ancien conseiller du président François Mitterrand), Eric Le Boucher (directeur de la rédaction d’Enjeux-les Echos), Eric Leser (ancien du Monde) et Johan Hufnagel (ancien de Liberation.fr et de 20minutes.fr) a réuni 3,5 millions d’euros de fonds détenus à égalité par trois groupes :
*les créateurs et journalistes,
*Slate.com et Washington Post,
*le fonds de pension Vivéris.

Le site, financé par la publicité et la vente de contenu à des tiers, est accessible gratuitement pour les internautes. En 2011 le chiffre d'affaires passera à 1,6 millions d'euros. Les fondateurs du site ont annoncé la couleur dès le départ : « Slate.fr a noué un partenariat éditorial exclusif avec Slate.com. Nous analyserons et commenterons l’actualité avec le ton à la fois rigoureux, pertinent, distancié, ironique et parfois provocateur qui a fait la réputation et le succès de Slate.com aux Etats-Unis. Slate.fr ajoutera à ses propres articles, blogs, vidéos, dessins, photographies et contributions des internautes, ceux et celles édités par Slate.com, traduits en français, que nous aurons choisi pour vous ».

Jean-Marie Colombani a défini la ligne éditoriale du site en ces termes : « Pas de scoop, pas de reportages, Slate France publiera des analyses, des points de vue avec des signatures de presse écrite reconnues en France comme de très jeunes plumes talentueuses repérées sur Internet ». Au programme, un contenu de type magazine avec des articles de fond. Exit les reportages.

Slate.fr, qui vient de fêter ses deux ans, affiche un million de visiteurs uniques par mois, selon Nielsen NetRatings, ou 2 millions de visiteurs selon d’autres modes de calcul.  Il atteindra l’équilibre financier en 2012 avec une année d’avance sur les prévisions. L'occasion pour l'ex-directeur du Monde de tirer le bilan dans une vidéo du Figaro.




lundi 14 mars 2011

SLATE : Le Hamas réactive le front israélien


Le Hamas réactive le front israélien
Par Jacques BENILLOUCHE


Le Hamas veut absolument empêcher l'Autorité palestinienne 
et le gouvernement israélien de parvenir à un accord sous la
 pression de l'administration Obama. 
Le massacre d'Itamar en est la démonstration.



L'implantation d'ITAMAR






On efface tout et on repart vers l’inconnu. L’attentat durant lequel un couple et ses trois bébés d’origine franco-tunisienne ont été égorgés dans la nuit du 11 mars dans l’implantation d’Itamar près de Naplouse en Cisjordanie, nous ramène plusieurs mois en arrière. A l’horreur succèdera la répression car ce cycle habituel est inscrit dans les gènes du conflit israélo-palestinien. Cet attentat ne semble pas être l’œuvre d’un fou, comme son exécution semble le laisser penser, mais bien une action politique préméditée. Chaque fois que les deux parties approchent d’une solution négociée, un attentat sanglant est ordonné pour contrecarrer toute idée d'avancée politique dans la région....
Lire la suite sur Slate en cliquant 
sur le titre de l'article en rouge :



samedi 12 mars 2011

BILLET D'HUMEUR : L’HORREUR COMME FAIT D'ARMES PALESTINIEN



L’HORREUR COMME FAIT D'ARMES PALESTINIEN

Par Jacques BENILLOUCHE


Ecouter le texte radiodiffusé en cliquant sur le triangle noir
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Les terroristes savent user de symbole pour attirer l’attention de l’occident. Décimer en pleine nuit sacrée de Shabbat une famille entière, un couple et ses trois enfants,  relève avant tout de la lâcheté car le combat, s’il doit avoir lieu, doit favoriser les attaques contre l’armée. Il est effectivement plus risqué, sinon plus courageux, de s’en prendre à des militaires qu’à des civils religieux endormis. Les sionistes, lors de leur guerre d’indépendance, avaient eu le cran de s’attaquer uniquement aux troupes anglaises chargées de l’ordre dans la région. Mais, les palestiniens font la guerre aux enfants et ils salissent leur cause et celle de ceux qui voudraient les voir bâtir leur pays.
La méthode n’est pas digne d’un humain. Le seul objectif poursuivi par les bouchers d’une nuit ne peut être que la volonté de déverser leur trop-plein de haine. Egorger un bébé de deux ans relève beaucoup plus de la psychiatrie que du haut fait d’arme militaire. Il n’est pas donné à tout le monde, à moins de disposer d’un cerveau dérangé ou totalement lavé, de tuer de sang froid des enfants qui dorment.
L’objectif visé ne pouvait être que crapuleux plutôt que nationaliste car il ne rehausse pas la cause palestinienne mais au contraire la dessert. Alors, le cycle violence représailles va se mettre en marche. La peur va se retrouver du côté des palestiniens  de Naplouse qui vont être interdits de déplacement et qui vont se retrouver aux pires heures de la répression de l’Intifada alors qu’une situation de ni guerre ni paix s’était instaurée dans l’intérêt des deux communautés. Le sang versé, appartenant à des civils religieux, aura du mal à sécher avant que les coupables ne soient trouvés et que leurs familles et leurs proches ne soient inquiétés dans une sorte de punition justifiée par l’horreur du crime.
L’implantation d’Itamar est maudite puisqu’en 2002 la famille Shabo a subi l’attaque d’un terroriste qui a d’abord planté son couteau dans le dos de la mère Rachel puis des enfants Néria, Zvi et Avishai à peine âgé de cinq ans.
 Dans leur hâte, le ou les criminels du Shabbat auront laissé leurs empreintes ADN sur le sang de leurs victimes et Tsahal n’aura alors de cesse que de les poursuivre et de les capturer. Ils n’auront pas où se réfugier et la vengeance suivra son cours. Les assassins auront cependant la chance d'avoir à faire à un pays démocratique et, s'ils sont capturés, ils bénéficieront de la défense d’un avocat alors qu’ils n’auront fait preuve d’aucune pitié à l’égard des craignant-Dieu. Ils auront surtout l’avantage d’échapper à la peine de mort qu’ils auraient risquée s’ils s’en étaient pris directement aux soldats israéliens dans un combat loyal d'égal à égal.  Mais là, il leur aurait fallu avoir du cran et du courage qui ne sont pas donnés au premier terroriste venu, fût-il palestinien. 

Ecouter l'annonce en anglais du porte-parole de l'Etat-Major du centre :


 

vendredi 11 mars 2011

SLATE : Marine Le Pen veut le vote juif



SLATE : Marine Le Pen veut le vote juif

par Jacques BENILLOUCHE
La présidente du Front national et future candidate à la présidentielle de 2012 cherche depuis plusieurs années en Israël et en France à gagner le vote juif. Une stratégie de rupture avec son père soigneusement élaborée.


«Pression trop forte», «cela prenait des proportions trop importantes». Sous la colère des associations juives, dont le Crif, Radio J a renoncé à recevoir Marine Le Pen dans son émission politique du dimanche 13 mars. L'invitation de Marine Le Pen sur cette radio juive avait surpris et choqué. Et pourtant l'offensive de Marine Le Pen auprès des électeurs juifs n'est pas récente. La nouvelle présidente du Front national n'a de cesse de faire oublier l'antisémitisme chevillé au corps de son père......

Lire la suite sur le site de Slate.fr en cliquant sur le titre en rouge de l'article

http://www.slate.fr/story/35151/marine-le-pen-juifs-fran%C3%A7ais

jeudi 10 mars 2011

RADIO KOL-ISRAEL : LE JOURDAIN, LIGNE STRATEGIQUE




RADIO KOL-ISRAEL :

LE JOURDAIN, LIGNE STRATEGIQUE

JOURNAL DU 10 MARS 2011

Jacques BENILLOUCHE au micro d'Annie GABAI


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mercredi 9 mars 2011

BILLET D’HUMEUR : MARINE LE PEN EN VICTIME



BILLET D’HUMEUR : MARINE LE PEN EN VICTIME


Par Jacques BENILLOUCHE



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J’ai toujours été contre la censure car elle rehausse celui qui en est la victime et l’on obtient souvent l’effet inverse escompté. En interdisant à Marine le Pen de s’exprimer, elle devient aussitôt une victime et elle noie dans ce refus sa phraséologie détestable. Il faut au contraire l’entendre dans un débat où l’art du journaliste serait de contrer chacune de ses idées pour en faire sortir l’inanité. Des questions dures, franches et brutales, non communiquées à l’avance, auraient eu un impact plus dense que le silence qui lui permet d’y enfouir tout ce qui la gène. 

Il faut se battre pied à pied, argument contre argument pour extirper la vraie nature du F.N. Un vrai débat, avec un contradicteur qui n’a pas froid aux yeux et qui possède à fond son dossier d’arguments tangibles, ferait peut-être réfléchir 1% à 3% des sondés impressionnés par l’extrême-droite et cela aurait été une première victoire. On arrive à convaincre par la parole et non par le mépris ou le silence qui permet à l’adversaire de choisir son propre terrain où il excelle. Je suis donc solidaire de ceux qui, à RadioJ, avaient eu l’initiative de se mesurer à elle.

Je me souviens du débat entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen où le leader d’extrême-droite avait été, en termes de boxe, K.O debout. On guérit le mal par le mal et se cacher derrière le paravent de l’horreur ne représente pas un combat loyal. Il faut avoir le courage de s’opposer à ceux qui ne nous aiment pas en leur montrant notre capacité à les affronter, de face, comme Israël affronte souvent de face ses ennemis. Les absents ont toujours tort.

Certes, on tombe très vite sous le charme de cette blonde qui sait mieux que son père manier le verbe pour le rendre plus lisse mais, passés les premiers instants, on réintègre la réalité brûlante. J’en parle en connaissance de cause. Je l’ai affrontée pendant une heure dans son fief du Front National alors qu’elle avait accepté de répondre, pour la première fois, aux questions d’un journaliste israélien dans un débat enregistré pour éviter les contestations et les démentis. Je n’avais pas pu convaincre ma rédaction d’alors qui estimait que ce serait lui faire beaucoup trop de publicité. Aujourd’hui encore beaucoup pensent qu’il faut l’ignorer. Pourtant, elle n’a pas eu besoin de moi puisque les sondages l’ont mise au firmament.

J’avais alors certainement raison de vouloir publier sa prose mais il n’est jamais trop tard pour faire parler celle dont tout le monde a peur aujourd’hui et qui se réjouit des combats gagnés d’avance, faute de combattants. J’ai décidé de publier cette interview et cela réjouira ceux qui, en Israël, lui voue une passion immodérée exprimée à longueur de mails. Elle me vaudra aussi les injures habituelles des adeptes de l'obscurantisme et de la désinformation qui sont les champions du boycott et de la censure et qui pensent que le silence est l’arme suprême. Chacun mène le combat comme il l’entend.