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jeudi 3 novembre 2011

COUP DE TONNERRE DANS UN CIEL BLEU Par Gérard AKOUN



COUP DE TONNERRE DANS UN CIEL BLEU

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM

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C’est ainsi que le vote de la France en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, l’agence des Nations Unies chargée de l’éducation, la science, et la culture, comme membre à part entière, a été ressenti  par une bonne partie des juifs de France. Ils se sont sentis trompés : ne soutenaient-ils pas depuis son passage en 2003 au ministère de l’intérieur, Nicolas Sarkozy ? N’avaient-ils pas voté très majoritairement pour lui à l’élection présidentielle de 2007 ? Leurs principales institutions, elles se reconnaitront sans qu’il soit nécessaire de les nommer, ainsi que leurs principaux dirigeants ne les avaient-ils  pas confortés  dans l’idée que Nicolas Sarkozy était un véritable ami d’Israël et de la communauté juive ?  Que lui élu, ils ne  pourraient être déçus comme ils avaient pu l’être, en leur temps, par Mitterrand et par Chirac dans leur rapport avec Israël  ou par le manque de réactivité des socialistes au pouvoir, face aux actes antisémites ou antisionistes au début des années 2000 ?
 
Réveil douloureux

Le réveil est douloureux, et ce n’est pas la distinction grossière que certains voudraient faire admettre, entre le méchant Quai d’Orsay qui agirait dans le dos du gentil Sarkozy, qui n’en peut mais, qui justifierait ce retournement. Le vendredi 28 novembre, le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, dans un point presse affirmait encore : «L’Unesco n’est ni le lieu ni le moment pour lancer ou pour faire aboutir cette initiative. Les choses doivent se passer là où elles doivent se passer, c'est-à-dire à New York».  A la question précise qui lui est posée : «cela veut il dire que  l’admission de la Palestine, comme Etat avec un accord de paix avec Israël  doit précéder l’entrée à l’Unesco qui irait, alors, de soi ?» la réponse de monsieur Valero est claire «c’est le sens de la logique».
Lundi 31 octobre, la France vote l’adhésion, et le porte-parole du Quai d’Orsay justifie cette décision en ces termes : «Aujourd’hui la question qui était posée était de savoir si la communauté internationale répondait par oui ou par non…Sur le fond  la France dit oui, la Palestine a le droit de devenir membre de l’Unesco, cette organisation dont la vocation est d’œuvrer à la généralisation d’une culture de la paix au sein de la communauté internationale».  Hasard malheureux du calendrier, des missiles et des obus de mortier tombaient sur le sud d’Israël, ce même jour !!

Implication de Nicolas Sarkozy

La diplomatie, faisant partie avec la Défense, du domaine réservé du président de la République, ce changement de cap n’a pu être pris que par Nicolas Sarkozy.  Certains commentateurs pensent qu’il a pu être motivé par de basses considérations électorales, je ne le crois pas. Je pense que, Nicolas Sarkozy, auréolé par son engagement en Libye,  s’est rendu compte, que le moment était bien choisi pour renforcer l’image de la France au Moyen-Orient et en Afrique du nord. La création d’un État palestinien étant inéluctable, il valait mieux accompagner  le mouvement plutôt que s’y opposer en donnant l’impression d’utiliser deux poids, deux mesures selon qu’il s’agisse d’Israël ou de la Palestine et des pays arabes. 
Les américains ayant perdu leur rôle d’arbitres impartiaux à cause du soutien quasi inconditionnel qu’ils apportent à  Israël, comme d’ailleurs aux monarchies du Golfe, la France pouvait ainsi se repositionner, donner un nouvel élan à l’Union Pour la Méditerranée en y faisant adhérer la Libye et recueillir les dividendes économiques  de son action. Pour Nicolas Sarkozy, cette inflexion de la politique française ne devait pas être appréhendée avec hostilité par Israël dans la mesure où comme il l’a rappelé le 21 Septembre devant l’Assemblée générale des Nations Unies : «si quiconque à travers le monde menaçait l’existence d’Israël, la France serait  immédiatement et totalement aux côtés d’Israël». Rien n’est moins sur, Israël s’est déclaré déçu par la  position de la France qui a perdu  son crédit aux yeux des israéliens.

Il faut négocier

Notre pays aura du mal à vouloir jouer le «Monsieur bons offices» dans le conflit israélo-palestinien d’autant que l’adhésion de la Palestine à l’Unesco, qu’un vote différent de la France, disons le honnêtement, n’aurait pas empêchée, n’a pas qu’une portée symbolique. Elle risque d’attiser les tensions sur le sacré. Les palestiniens pourraient, en effet, revendiquer un certain nombre de sites historiques dont ils considèrent avoir été spoliés par les israéliens et demander leur inscription au patrimoine de la Palestine. Le Caveau des Patriarches à Hébron, la «mosquée d’Ibrahim» pour les musulmans  en fait partie. On n’en est pas encore là heureusement, mais il devient encore plus urgent de trouver une solution au conflit israélo-palestinien.  
 L’Autorité palestinienne a obtenu une victoire diplomatique, mais cela ne va pas changer la vie des palestiniens ; le gouvernement israélien, bafoué, répond en annonçant, en guise de punition, la construction de 2000 logements supplémentaires à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, ainsi que le gel du transfert des recettes fiscales encaissées par les israéliens et dues aux finances palestiniennes.
Les uns et les autres savent très bien que, s’ils veulent mettre réellement  fin à ce conflit centenaire,  ils doivent négocier et accepter des compromis douloureux, mais peut-être attendent-ils, j’en viens à me le demander, de nouvelles violences, une nouvelle guerre pour y être contraints.
   

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