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vendredi 4 novembre 2011

SARKOZY : UNE POLITIQUE ETRANGERE EN ZIGZAG



SARKOZY : UNE POLITIQUE ETRANGERE EN ZIGZAG

Par Jacques BENILLOUCHE


Nicolas SARKOZY et Alain JUPPE à New-York

La France mène une politique étrangère en zigzag avec des contradictions qui ne cessent d’étonner. Elle a voté «pour» l’admission à l’Unesco d’un pays qui n’existe pas encore et veut s’abstenir quand il s’agit de lui donner une existence légale alors que les États-Unis vont user de leur droit de veto car ils restent fidèles à leurs alliés. Le Quai d’Orsay a bon dos quand on lui colle toutes les décisions qui dérangent. Ou bien Alain Juppé est maitre-d ‘œuvre de la politique internationale et Nicolas Sarkozy devient son dévoué ; ou alors le président cherche à se défausser sur son ministre quand il doit faire face à  des choix difficiles. Quand on parle de choix politique sur la question de l'Unesco, le Quai d'Orsay répond en invoquant la Shoa : " Notre pays attache une très grande importance à la mémoire de l'Holocauste et à son enseignement". 

En tout état de cause, on ne comprend plus la doctrine française face au problème palestinien. On peut lui trouver un certain manque de courage ou, tout au moins, une absence de constance. Le gouvernement français semble improviser au gré du vent et de ses intérêts économiques. L’annonce du vote français à l’Unesco a tellement fait mauvais effet qu’il semble contraint de redresser la barre. Une fois encore, l’Europe a montré ses divergences politiques quand elle devait affirmer une position commune pour donner plus de poids à son existence. 

La puissance économique de l’Allemagne lui permet d’avoir une politique étrangère indépendante du flux des échanges économiques avec les pays arabes tandis que la France reste à la traine de ceux qui lui demandent d’avoir les yeux fixés sur le déficit de la balance commerciale. Les inconditionnels du président ne trouvent comme seul argument que François Hollande ne ferait pas mieux parce que son aile gauche le tient. Mais ferait-il pire ?
Idylle franco-israélienne

          Certes la France ne peut pas rythmer au son des intérêts d’Israël. L’idylle franco-israélienne des années 1950 alimente encore la nostalgie des rêveurs du temps de la Campagne de Suez et de la coopération nucléaire qui a conduit à la construction du réacteur de Dimona.  L’idylle prit fin avec l’arrivée du Général de Gaulle et de son ministre des affaires étrangères, Couve de Murville, qui décida dans son souci d’éliminer les partisans de l’Algérie Française, de vider le Quai d’Orsay des amis d’Israël en recrutant des fonctionnaires à particule, idéologiquement pro-arabes. Cette nouvelle vague de diplomates s’acharna à défaire en quelques mois les liens amicaux tissés avec l’État juif pendant 10 ans. 
            Il faut être réaliste ; ce temps est révolu. La France doit avoir sa propre politique étrangère mais, devant le risque islamiste qui tisse sa toile dans tout le pays, pour ne pas dire dans toute l’Europe, elle devrait être solidaire des pays occidentaux amis et du premier d’entre eux, les États-Unis. Tous ceux qui avaient fustigé Barack Obama, pour son ouverture vers les pays musulmans, reconnaissent aujourd’hui qu’il n’a jamais lâché l’État d’Israël et qu’il a amené dans son sillage d’autres pays occidentaux qui ont vite compris où se trouvaient leur intérêt.
            La politique française de zigzag dénote une politique de faiblesse ou le signe d’une panique face à une déroute électorale annoncée.

3 commentaires:

Claude PERRY a dit…

Bonjour Jacques,

Enfin quelqu'un qui ose dire au Tsar Kozy ses quatre vérités !
J'ajouterai pour ma part qu'il n'est qu'une simple marionnette dans le désordre actuel de l'Europe, tout en se persuadant lui-même qu'il est le maître du monde, et qu'à lui seul il peut sauver la planète !
Mais pendant ce temps, que fait son ministre des "affaires étranges", lui qui à une certaine époque avait jumelé Bordeaux avec Ashdod ? Est-il là pour faire tapisserie ?

andre a dit…

C'est pourtant simple: la France souhaite que des négociations directes entre l'Autorité Palestinienne et Israël puissent commencer ou plutôt recommencer bien que le monde entier sait que Mahmoud Abbas et tous ses rivaux ne veulent en aucun cas négocier le partage de la Palestine qu'ils ont refusé de puis 1948.
La France dit oui à l'entrée de la Palestine à l'UNESCO afin de d'accorder une victoire à ceux qui perdent depuis toujouirs et, ainsi, équilibrer sa position concernant l'admission à l'ONU.
Je n'y trouve pas de zig zag mais une sorte d'équilibre entre le soutien inconditionnel à Israêl et la sympathie forcée à l'égard des Palestiniens.C'est de la diplomatie!
Sincérement, je regrette que la France ne se soit pas abstenue à l'UNESCO mais je n'accable ni le Quai d'Orsay ni Juppé ni Sarkozy quand ils essayent de ne fâcher personne.
Et le destin d'Israël est d'abord entre les mains de son armée,de ses dirigeants et des Etats Unis.
La France a défini une politique qui lui convient et nous devons nous en accomoder et ne pas lancer des imprécations.
ANDRE

Anonyme a dit…

Sarkozy ne défend pas les intérêts de la France et il ne comprend rien à l'honneur d'un pays et la façon dont cet honneur et honnorabilité peut être incarné par son Président. C'est un voyageur représentant placier qui change d'argumentaire de vente en fonction du client. Je suis français et je ne me reconnait pas ni dans Juppe ni dans Sarkozy et leur ezatz de politique étrangère qui ne tient pas debout, qui ne nous amenera que des décus, des enemis et du mepris de la part de tous les autres peuples.