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jeudi 6 octobre 2011

LES LAMPIONS SONT ETEINTS par André MAMOU



LES LAMPIONS SONT ETEINTS

Par André MAMOU

Trajtenberg est le nom du professeur, qui avec l'aide des meilleurs économistes du pays, a remis au premier ministre, un rapport avec des analyses et des recommandations pour essayer de rendre moins rigoureux un système économique performant donc forcément injuste. Ceux qui seront les bénéficiaires de cette manne de 60 milliards de shekels en 5 ans ont immédiatement affirmé : «la commission s'est moquée de nous » et ceux qui verront leur budget amputé ou leurs impôts augmentés refusent  d'examiner les mesures préconisées et encore moins de les mettre en œuvre.
Shelly Yecimovitch, la jeune élue qui a succédé à Ehud Barak à la tête du parti Travailliste,  a immédiatement déclaré que les recommandations de la commission ont pour but de «mettre en œuvre un capitalisme encore plus profond ». Bien vu !
Il s'agit en effet de corriger les défauts de la machine à produire pour qu'elle fonctionne encore mieux. Est-il utile de souligner que rien ne peut être distribué qui n'ait été produit? En attendant sur le boulevard Rothschild, les dernières tentes ont été démontées et la police a dispersé les meneurs les plus récalcitrants: les lampions sont éteints «et les lilas sont morts ».

LA NOUVELLE DIPLOMATIE

A New- York, tous les observateurs ont estimé que Benjamin Netanyahou a prononcé  un meilleur discours que celui de Mahmoud Abbas. Il faut dire que le leader palestinien restera dans l'histoire comme l'inventeur de la nouvelle diplomatie, celle qui n'accepte de négocier que si on lui accorde d'office et à l'avance la totalité de ce qu'il souhaite obtenir.

Les fonctionnaires du Quai d'Orsay formés à l'École Nationale d'Administration n'ont jamais «planché » sur ce cas de figure qui ressemble davantage à un roulement d'épaules suivi d'un «retenez moi ou je fais un malheur ». Mais la sympathie logique, naturelle envers un peuple qui se cherche un pays, un État et qu'un «voisin envahissant » contraint à tous les excès, fait qu'on oublie en cours de raisonnement des quantités de faits historiques et de paramètres qui empêchent de rendre simple ce qui est compliqué.

SUR UNE AUTRE PLANETE

On publie des cartes de la Cisjordanie-Judée-Samarie, où l'on voit des taches roses envahies de trainées rouges cependant que des coulées vertes et une multitude de points petits et gros parsèment l'ensemble, sans que l'on comprenne bien où est l'Autorité  palestinienne, où sont les implantations et comment  ce territoire «léopardisé » pourra avoir une continuité géographique. Un opposant à Netanyahou a dit que  le premier ministre est d'accord pour un État palestinien à condition qu'il soit «érigé sur une autre planète ».
 
            Excessif mais amusant!

Pourtant, chacun voit bien que la solution est proche: il suffirait de la vouloir et d'échanger des territoires, des avantages et des corvées, donner (non pas restituer qui voudrait dire que ce qui est attribué appartenait de droit à l'autre), donner de l'espace, de l'argent, de la formation et de la coopération et commencer le long, le fastidieux, l'exaltant apprentissage de la paix.    

UN TROMPE ŒIL

Cette phrase sonne bien comme conclusion d'un article modéré et raisonnable pour des hommes de bonne volonté.

Détrompez-vous! Ce n'est qu'un trompe œil! La sinistre réalité, c'est qu'aucun nationaliste arabe n'a accepté le partage de 1948, et que tous pensent que les arabes peuvent perdre des batailles mais que la victoire sera pour eux. La vérité est celle des chefs iraniens qui parlent «d'extirper la tumeur cancéreuse que représente  Israël » et que toute solution à deux États suppose que soit admis le partage de la Palestine, ce qui est inenvisageable. Alors que peut faire le premier ministre, l'actuel ou le successeur? Développer le pays, former des savants et des chefs d'entreprise, renforcer l'invincibilité de l'armée et continuer d'offrir la paix, de vouloir y parvenir et parler, parler pour que l'avenir surgisse... 

Alors, il faut attendre que « l'Histoire accouche d'une autre Histoire » disait Raymond Aron.
Les lampions sont éteints et les lilas sont morts. 

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