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dimanche 3 juillet 2011

LE HEZBOLLAH VEUT DEFIER LE TRIBUNAL SPECIAL POUR LE LIBAN



LE HEZBOLLAH VEUT DEFIER LE T.S.L

Par Jacques BENILLOUCHE
Hassan NASRALLAH et Saad HARIRI
  
Le Tribunal spécial pour le Liban, mis en place par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri en 2005, a rendu ses conclusions qui mettent en cause le Hezbollah. La menace sérieuse d’un coup d’Etat a fait fuir en France Saad Hariri qui a reçu des conseils pressants des américains pour s’installer dans sa résidence parisienne de la place d’Iéna. Quatre cadres islamiques avaient déjà été suspectés d’avoir trempé dans cette action terroriste.

Une opposition déterminée

La confirmation de l’acte d’accusation n’a pas soulevé la fureur prévisible des islamistes. Les menaces du Hezbollah n’étaient pourtant pas voilées et faisaient craindre un regain de violence au Liban pouvant mener à une guerre civile alors qu’un nouveau gouvernement vient de s’installer faisant la part belle aux islamistes. La population reste dans l’expectative mais elle craint une répétition des violences de mai 2008. Le gouvernement hésite à définir sa position vis-à-vis du TSL pour éviter la rupture d’une coalition hétéroclite qui ne sait pas encore à qui faire allégeance, à la Syrie ou à l’Iran. D’ailleurs, la déclaration ministérielle reste volontairement vague.
Le Quai d’Orsay a approuvé l’évolution du TSL tandis que les Etats-Unis estiment y voir  « un pas important vers la réalisation de la justice et la fin de l’impunité ».  Saad Hariri espère, depuis son exil à Paris, que la justice internationale triomphera et considère les conclusions du TSL comme « un moment historique  après de nombreuses années de patience et de combat ».
Alors que le Hezbollah réfute toute décision d’un tribunal dont il conteste son existence même, l’opposition donne de la voix puisque Samir Geagea jugera « coupable de trahison » le gouvernement s’il ne mettait pas en exécution les mesures préconisées. L’ancien président Amine Gemayel et l’homme politique Farès Souhaid ont estimé que la population pourrait être contrainte à manifester sa mauvaise humeur dans la rue. Le gouvernement a donc immédiatement pris des mesures pour garantir la sécurité dans la Capitale. Mais dans une démarche habile, l’opposition a bien fait comprendre que seuls les accusés étaient concernés et non pas toute l’organisation à laquelle ils appartiennent, ce qui semble avoir conduit le Hezbollah à plus de retenue.
Mais le gouvernement libanais a fait comprendre que l’enquête du tribunal comporte deux volets, un volet libanais dont on connait les détails et un volet étranger, pas encore élucidé, dont toutes les preuves ne sont pas irréfutables. Il risque donc d’imposer la raison d’Etat à une enquête pourtant minutieuse.

Mandats d’arrêt

Les mandats d’arrêt doivent être exécutés sous trente jours durant lesquels l’acte d’accusation doit devenir public et les suspects traduits devant le tribunal selon les instructions du procureur général Saïd Mirza. Deux officiers supérieurs du Hezbollah, Hassan Issa et Salim Ayyash (Abou Salim), proches du leader Hassan Nasrallah sont nommément accusés d’avoir trempé dans le complot. Le dernier commandant du Hezbollah Imad Mougniyeh, assassiné à Damas le 12 février 2008, a été impliqué dans le complot. Mustapha Badreddine, connu sous le nom de Sami Issa et beau-frère d’Imad Mougniyeh, ainsi que Assad Sabra sont les deux autres inculpés.
Après avoir remis les mandats d’arrêt aux autorités de Beyrouth à l’encontre d’officiers principaux du Hezbollah, la délégation du TSL doit se rendre à Damas pour transmettre les accusations visant des dirigeants syriens suspectés d’avoir contrôlé l’équipe qui a procédé à l’attentat contre Hariri. Le frère du président Bassar el Assad, le général Assef Shawqat, ancien responsable des services de renseignement militaires et Rostom Ghazalé , bras droit d’Assad et ordonnateur des mesures de répression contre le soulèvement en Syrie, sont directement impliqués dans l’assassinat d’Hariri. Il est fort probable que ces quatre accusés jouent le rôle de fusibles pour protéger les véritables commanditaires syriens ou iraniens.
Le premier ministre Saad Hariri avait appuyé la mission du TSL en refusant de mettre fin à l’enquête entrainant ainsi sa mise en minorité et la chute de son gouvernement. L’Ayatollah iranien Ali Khamenei avait mandaté le Hezbollah pour faire comprendre au gouvernement libanais d’alors que l’accusation du TSL était « nulle et non avenue » car elle avait comme seul objectif de discréditer la milice islamique pour briser l'alliance syro-iranienne. Téhéran est ainsi parvenu à faire tomber le gouvernement Hariri pour le remplacer par le gouvernement de Najib Mikati , aux ordres de la Syrie et de l’Iran, qui semble vouloir jouer la montre : « Les actes d'accusation ne sont pas les verdicts et tous les suspects sont innocents jusqu'à preuve du contraire. »
Les révolutions arabes ont changé la donne. Bassar Al-Assad n’est plus l’homme fort d’avant le « printemps arabe » mais il a encore les moyens de freiner la mission du TSL en interdisant son entrée en Syrie car il craint que sa position internationale ne soit fragilisée. Le TSL, émanation de l’ONU, se tournerait alors vers le Conseil de sécurité qui pourrait décider de nouvelles sanctions pour faire respecter ses décisions. La Chine et la Russie auraient beaucoup de mal à défendre la Syrie sans être accusés de complicité avec le terrorisme d’Etat. Si le TSL ne pourra jamais entrainer la chute du régime de Bassar Al-Assad, il favorisera son classement parmi les pays visés par les Etats-Unis et l’Europe.
Hassan Nasrallah a dû modérer sa position dans son discours télévisé du 2 juin car ses partisans siègent au sein du gouvernement. « L'acte d'accusation est la première étape d'un long chemin mais nous ne pouvons pas annuler le TSL qui est issu du Conseil de sécurité de l'ONU contrôlé par les USA ». Il a cherché à accuser Israël de l’attentat en prétendant avoir transmis au TSL des preuves qui n’ont pas été retenues. Cependant il rassure les Libanais en prétendant « qu'il n'y aura pas de conflit sunnite-chiite ni de guerre civile au Liban, comme le souhaite Israël en raison notamment de la responsabilité du nouveau gouvernement ». Il a ensuite mis en garde l’opposition chrétienne : « Même si vous étiez au pouvoir, vous n'auriez pas pu répondre aux exigences du TSL. Même dans 300 ans, personne ne pourra arrêter nos combattants accusés ».
Il est convaincu que le nouveau gouvernement libanais est trop faible pour faire exécuter les mandats d’arrêt. D’ailleurs le  ministre du tourisme a déjà annoncé que « le gouvernement agira conformément aux procédures suivies au sein du tribunal et s’acquittera totalement de ses responsabilités, s’il réussit à arrêter les prévenus ». Le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, a déclaré à son tour qu’« il y a une différence entre le fait d’entamer une procédure de recherches sans pouvoir retrouver les individus poursuivis et ne pas entamer ces recherches ».
L’arrestation des quatre inculpés sera le premier test auquel sera confronté le nouveau gouvernement qui devra obtenir la confiance au cours de la séance parlementaire du 6 juin. L’opposition se prépare à batailler contre un premier ministre qui semble adopter des positions équivoques. Le bras de fer est engagé et nul n’est à présent en mesure d’évaluer les débordements qu’il occasionnera.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui s'est ça,mais qui profitait le crime ,surement pas au HEZBOLLAH mais à l'entité sioniste.Svp,arrêtez de prendre les gens pour des gros cons.Pourquoi ne parlez vous pas des généraux traitres qui travaillaient pour le mossad qui se sont sauvaient à l'étranger.Depuis 1975,l'entité sioniste a tout fait pour déstabiliser et diviser le peuple LIBANAIS.Personne n'oubliera le massacra de SABRA ET CHATILLA et la prison de l'enfer sur terre tenue par des éléments juifs qui ont commis les pires tortures.L'HISTOIRE NE SERA PAS FALSIFIER ET GRÂCE AU WEB PLUS PERSONNE NE PEUT MANIPULER ET MENTIR.Tant que le peuple PALESTINIEN sera occupé,l'entité sioniste vivra dans l'insécurité et la peur de l'autre.Tot au trad l'occident lâchera ce cancer qui range le monde

J. BENILLOUCHE a dit…

Le courage aurait été de signer votre commentaire mais je le publie même s'il est anonyme.

Anonyme a dit…

si vous expliquiez les analyses et les présomptions de preuves qu'avance le hezbollah sur l'implication d'israel au lieu de les survoler ou de les ignorer vous seriez peut être moins partial dans vos analyses et la théorie d'anonyme trouvera un sens

barabas

Anonyme a dit…

Tout a fait de l'avis des "anonymes"...

Au fait c'est leur identité qui vous intéresse ou ce qu'ils disent?

Nasarllah a dit : "Même dans 300 ans, personne ne pourra arrêter nos combattants accusés"...

C'est clair...non?

Les chiens aboient la caravane passe.