BILLET D’HUMEUR : LOI DIVINE OU LOI HUMAINE
Par Jacques BENILLOUCHE
Je ne comprends pas le monde religieux orthodoxe mais il est vrai que ma culture est défaillante. Il me reste encore quelques préceptes enseignés par mon vieux rabbin de Tunis, Doukha, qui faisait honneur au Shabbat en s’affichant magnifique sous son saroual blanc, son gilet brodé de paillettes lumineuses et sa tête couverte de la chéchia rouge à queue de fils de soie noire. Il nous avait enseigné que le Shabbat était un jour sain, réservé à la prière, à la paix et à la méditation, qu’il fallait consacrer à la synagogue pour être à l’abri des tentations laïques contraires aux lois de la Halakha, la règle écrite.
Je ne me souviens pas avoir entendu qu’il était toléré, durant le Shabbat, de jeter des pierres sur les passants qualifiés par certains de mécréants. Je ne souviens pas avoir entendu qu’il était légal, durant le shabbat, de se mettre en ordre de bataille rangée contre la police d’un pays juif sous prétexte que les orthodoxes ont la loi divine avec eux.
Les manifestants religieux voulaient empêcher la profanation du shabbat mais la question est posée de savoir s’ils ne le profanaient pas eux-mêmes en s’attaquant avec violence aux policiers montés. Mais le point qui me force à m’élever contre ces manifestants anachroniques concerne leur sémantique exagérée. Les cris de « nazis » proférés à l’encontre de la police israélienne me semblent déplacés. L’usage inconsidéré de la terminologie de la Shoa risque de banaliser l’élimination de six millions de juifs durant la Guerre Mondiale car la comparaison des véritables crimes nazis avec les actions de maintien de l’ordre de la police à Jérusalem revient à assimiler les nazis à des enfants de chœur.
Il serait temps que les leaders religieux orthodoxes cessent d’intoxiquer leurs ouailles en leur conseillant de s’occuper de leur vie plutôt que de vouloir régenter celle des adeptes de l’ouverture au modernisme. Ce serait alors le début de la démocratie et de l’entente entre laïcs et religieux.















2 commentaires:
Nos rabbins de Tunisie ou d'Afrique du nord étaient isolés, pauvres et mus par la foi.
Les rabbins qui sont rescapés de la Shoah se sont constitués en dynasties puissantes, organisées et de qui dependent le financement des Kollels ou le quotidien de kollelmen autour des satmars anti- état d'Israel et avec des amitiés Iraniennes. C'est le danger qui a unit Israel en 1967 HN
Je n'ai pas suivi les enseignements religieux, mais tout de même, si ils vivent sans problèmes en terre d'Israël ce n'est pas grâce à leur institutions je pense qu'ils confondent la religion et l'état et ils ont tords car ce n'est pas la même chose.
Nous respectons les uns et les autres le rabinat, mais il serait souhaitable qu'ils respectent aussi les non religieux.
Jean-Claude Vincent
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