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jeudi 19 mai 2011

DSK : OVERDOSE MEDIATIQUE



DSK : OVERDOSE MEDIATIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE
                
DSK et sa femme Anne SINCLAIR

           En Israël, on s’étonne que le matraquage médiatique de l’affaire DSK, auquel est soumise l’opinion publique française, entraine une mise à l’écart des nouvelles du reste du monde. Depuis le coup de massue de l’annonce de la police de New-York, ils constatent que les journalistes français vivent au rythme de l’épopée de DSK avec un mélange de voyeurisme et de dramaturgie. Parce qu’un grand homme politique pouvait, dans sa vie privée, s’adonner à des pratiques sexuelles réprouvées par la morale, des détails scabreux ont été mis en pâture à la vindicte publique. Le premier choc fut certes terrible car la surprise fut totale alors qu’une icone mettait un genou à terre. L’incrédulité laissait place à une incompréhension d’un gâchis qui, en quelques heures, a détruit une carrière et les espérances de millions d’électeurs qui rêvaient à une alternance politique.
            Mais les journalistes, dans leur volonté d’informer à tout prix, ont trop fait car ils ne savaient rien puisque la police avait verrouillé l’information. Plusieurs émissions spéciales, censées informer, se sont cantonnées à du verbiage en répétant les hypothèses ou en recherchant le scoop qui ne venait pas. L’overdose était donc au rendez-vous et les informations qui secouaient la planète étaient reléguées au rang des nouvelles de chiens écrasés. Tout était pseudo-révélations, supputations, interrogations, manipulations et interprétations et, plus on intervenait et plus la personnalité de DSK ne parvenait pas à sortir indemne aux yeux des observateurs.
            Les israéliens vaccinés avec les incartades du président de l’Etat, Moshe Katsav, condamné à sept années de prison pour viol, avaient tendance à ne pas vouloir réveiller un épisode douloureux dans la vie du jeune Etat. Ils comprenaient moins que les télévisions et les journaux aient concentré leurs nouvelles sur l’affaire DSK qui faisait oublier les morts de Syrie et de Libye. Les manifestations de la Nakba étaient reléguées au niveau d’une anecdote. Les druzes de Syrie, qui avaient enfoncé la frontière israélo-syrienne, recevaient une couverture médiatique restreinte alors qu’une guerre pouvait être au bout du chemin.  Netanyahou se rendait aux Etats-Unis pour écouter les propositions de paix de Barack Obama mais cela restait une péripétie dans les relations entre les deux alliés. L’expulsion de l’attaché militaire israélien en poste en Russie ne méritait pas plus que quelques lignes en dernière page. Bref, tous les moyens médiatiques étaient concentrés sur l’affaire DSK alors qu’on savait que rien ne serait dévoilé avant le vendredi 20 mai. Pourtant  seuls deux scénarios pouvaient être envisagés. 
Ou bien DSK est innocent et son assassinat politique et médiatique s’apparenterait à la dégradation du capitaine juif Alfred Dreyfus, le 5 janvier 1895, lorsqu’un adjudant de la Garde républicaine lui arracha les insignes, les fines lanières d'or de ses galons, les parements des manches et de la veste pour ensuite, honte suprême, briser le sabre du condamné sur son genou. Cette affaire fut le symbole le plus marquant d’une erreur judiciaire difficilement réparée, avec un rôle majeur joué par la presse et l’opinion publique.  En 2011, la dégradation prenait l’allure des menottes exhibées à travers le monde alors qu’on aurait pu, comme pour la « victime », éviter d’exposer DSK au flash des photographes.
Ou bien alors, la police de New-York prouve avec des preuves irréfutables que DSK est coupable des faits graves qui lui sont reprochés et qui s’assimilent alors à un suicide politique plutôt qu’à une incartade sexuelle. Il doit donc être le seul à payer le prix et il faut l’oublier. Cela suppose surtout qu’il relèverait dorénavant de la psychiatrie et que ses proches doivent l’aider à soigner son addiction aux écarts sexuels. 
Les israéliens n’étaient pas partisans d’une candidature de DSK à la présidentielle car son statut de juif risquait de le mettre en porte-à-faux à l’instar de l’américain Henry Kissinger ou du chancelier autrichien Bruno Kreiksy qui n’ont jamais accordé de soutien effectif à Israël. Ils auraient été fiers d’avoir un homme comme DSK aux commandes de la France mais ils savaient d’avance qu’ils n’en tireraient aucun profit car chacun de ses actes aurait été mesuré au degré d’amitié qui serait perçu dans ses décisions vis-à-vis d’Israël. Ils craignaient une inertie justifiée par une volonté de ne pas être taxé de favoritisme. Alors, ils le préféraient au FMI où il constituait un parfait tandem avec le président de la Banque d’Israël, Stanley Fisher, homme-clé de la réussite de l’économie israélienne. Les appréhensions d’Israël ne sont plus d’actualité aujourd’hui.
Après l’apocalypse de l’annonce de l’accusation qui a laissé sans voix tous les observateurs, l’influence sur l’avenir de l’échéance politique devient secondaire. Quelque soit le résultat du procès, la carrière politique de DSK est brisée et son honneur aura du mal à supporter le choc médiatique. Alors, jusqu’à la décision finale des jurés, il serait préférable d’éviter de décortiquer les rumeurs en usant de retenue de crainte d’infliger à l’opinion publique une overdose d’informations contradictoires.

En illustration de cet article voir la magnifique vidéo d'une artiste de talent :

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/05/dsk-nest-plus/
 
 
 

3 commentaires:

andre a dit…

Je ne parlerai pas d' overdose médiatique : il y a une demande non satisfaite tout au contraire.L,histoire DSK comporte tous les ingrédients reunis pour faire l'histoire que personne ne pourra oublier: la puisance,l'argent,le sexe,la force et la faiblesse et un homme monté si haut descendu si bas...
Que valent les chamailleries politiques et l'histérie moyen orientale devant cette tragédie grecque qui atteint le sublime ?
Les journaux impriment plus et les audiences à la tétévision ont doublé.Les spectateurs ont toujours raison.
ANDRE

AMMON a dit…

Analyse excellente comme souvent, merci.

A.M a dit…

Un intellectuel respectable pense que l'on a affaire à un complot Al Qaida.La jeune femme est musulmane et son frère est francophone et utilise le vocabulaire Al Qaida :"Justice sera faite"..

Contradiction dans les horaires et le Sofitel qui en fait trop, la femme de ménage qui veut nettoyer alors que le check out n'est pas encore fait...

Et sur le web on assiste à un raz de marée antisémite...
Je ne suis pas certain que son analyse soit juste mais le pire c'est qu'elle est vraisemblable.
AM