BILLET D’HUMEUR : ETATS-UNIS, LES NOIRS OUT !
Par Jacques BENILLOUCHE
Les résultats des élections américaines, les « midterms » ont mis en évidence une conséquence tangible, il n’y a plus de noirs au Sénat. L’élection d’Obama avait suscité des espérances aux Etats-Unis et dans le monde. En France, les Blacks et les Beurs reprenaient confiance et se disaient qu’ils pouvaient, eux-aussi, changer le monde. L'accession d’un président noir devait avoir une incidence sur le visage de la politique française des prochaines années car les minorités pouvaient avoir une meilleure visibilité. Certains leaders voulaient exploiter l’élection d’Obama pour réveiller les minorités françaises hors de leur passivité face aux injustices auxquelles ils étaient confrontés. La « barakomania » n’était en fait qu’une hystérie qui n’était pas fondée sur le contexte économique et géopolitique de chacun des pays concernés.
L’échec du président américain a rejailli sur toute sa communauté et le trop-plein d’Obama s’est transformé en un rejet général des candidats noirs alors qu’ils symbolisaient le renouveau d’une Amérique décomplexée. Les minorités, qui recommençaient à croire au Black-Power, vont à présent mesurer la déconvenue de leurs espérances.
Les trois candidats démocrates noirs au Sénat ont été défaits : Kendrick Meek en Floride, Alvin Greene en Caroline du Sud et Mike Thurmond en Géorgie. Le seul sénateur noir sortant aurait dû attendre les résultats avant de décider de prendre sa retraite.
L’échec noir sera considéré comme une grande déception dans le monde et il prouve que l’étoile d’Obama n’aura été qu’une étoile filante. Il prouve surtout que l’intégration des descendants des esclaves n’aura été qu’un leurre et que les Etats-Unis ne sont pas prêts à intégrer les communautés ethniques au sein de la Nation malgré l’avènement d'une élite et d'une classe moyenne noire.
Rama Yade, seule ministre noire, aura beaucoup de travail pour prouver que tout est possible en France puisque, à présent, Obama ne semble plus pouvoir faire rêver. Les espoirs de Martin Luther King, « I have a dream », réveillés par Barack Obama, auront été de courte durée.
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