ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - CLIQUER L'IMAGE

ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE

dimanche 4 juillet 2010

BILLET D’HUMEUR : LA FLOTTILLE DE GAZA, ENCORE!

BILLET D’HUMEUR : LA FLOTTILLE DE GAZA, ENCORE! Par Jacques BENILLOUCHE
Ecouter et voir le texte radiophonique dans la vidéo en fin d'article
Les journaux et les sites internet ont relayé, en première page, une information en provenance de Turquie concernant le résultat de l’autopsie des victimes de la flottille de Gaza. Ils nous apprennent que sept des neuf victimes ont été « criblées de balles » tandis que cinq autres ont été « touchées à la tête ». Ces détails macabres, certes dramatiques, n’apportent rien aux motivations du déroulement de l’incident. Il n’y a pas à s’étonner que la mort rôde toujours quand des soldats armés se trouvent impliqués dans des opérations militaires.
L’information est cependant insidieuse puisqu’elle a pour finalité d’exacerber la haine contre les israéliens. Elle veut mettre en évidence le côté « barbare » des commandos juifs qui ont tiré sans tenir compte de la panique qui régnait sous l’œil des caméras médiatiques alors que les coups de barre de fer s’abattaient sur des soldats en sous-nombre. Nul ne peut imaginer le comportement de jeunes tombés dans la nasse à qui on demande de faire preuve de discernement. Il s’agissait d’actes de guerre et non d’une partie amicale de barbecue sur le bateau. La défense de la vie passe souvent par des actes de mort.
La divulgation de ces détails tend à faire passer Tsahal pour criminel de guerre alors que le comportement des autres armées dans la région ne subit pas de commentaire de ces mêmes journalistes. Aucun n’a relaté la façon dont les soldats de l’Otan, les français en particulier, meurent sur le champ de bataille afghan ni la manière dont les talibans sont mis hors d’état de nuire. Le nombre de balles dans les corps n’apporte rien à la douleur des familles qui perdent un être très cher.
Tsahal n’avait pas prétendu utiliser des martinets ou des cornes de bœuf contre des militants déterminés à en découdre. Les victimes n’ont pas été égorgées comme en Algérie, pendues par les pieds à un mât comme en Iran, explosées comme en Irak ou décapitées au sabre comme en Arabie Saoudite. Elles n’avaient pas non plus buté contre le parapet du navire, n’avaient pas glissé sur le pont au moment où un mousse le nettoyait et n’avaient pas été défenestrées comme ces deux policiers israéliens tombés aux mains de palestiniens à Ramallah. Elles sont mortes dans le feu de l’action parce qu’elles avaient choisi de se battre au lieu de se rendre comme les passagers des cinq autres navires.
Les commandos auraient dû, selon les spécialistes en mal d’inspiration, garder leur sang froid, se laisser lyncher, faire l’économie de balles ou, à la rigueur, éviter de viser la tête. Dans la panique de leur défense, ils ont certainement eu tort d’appliquer en réel les exercices auxquels on les avait habitués dans les stands de tir militaires quand on leur apprend à viser la tête de la cible représentant un corps humain.
Cette information sur les causes de la mort des neufs turcs sur le Marmara n’a aucun intérêt documentaire ni politique bien qu’elle ait été diffusée par de grands journaux qui ont cherché à satisfaire leur curiosité macabre. Les journalistes devraient plutôt faire preuve de plus de précisions et de détails lorsque les atteintes aux droits de l’homme sont bafouées sur d’autres théâtres d’opérations. Nous attendons d’eux qu’ils publient dorénavant l’autopsie de tous les morts au champ d’honneur qui sera gravée sur leurs tombes du carré militaire.
video

Aucun commentaire: